Entre convivialité et compétitivité, rencontre avec un homme en équilibre sur une corde raide.
« Je ne suis pas un aboyeur »
Placé à la pointe de l’attaque sur le terrain, le capitaine Saqui sait qu’on l’attend dans un rôle plus central en dehors du pré. Maestro du vestiaire, gourou du PLAF Events & Communication, il se décrit lui-même comme un médiateur historique dont le rôle premier est de mettre de l’huile dans les articulations de ses joueurs parfois rouillées par des décennies d’inactivité forcée. Il s’acquitte de cette tâche avec plaisir : « Je dois aussi bien être la pierre de Rosette de Champollion que la madeleine de Proust », souffle-t-il.
« Un but c’est une construction sociale »
A l’aise avec les mots, ses petites phrases connues au sein du groupe sous le nom de « formules Saqui » font toujours mouche. Ce n’est pas le cas de ses frappes, diront les détracteurs du PLAF – s’il y en a – mais le capitaine ne se formalise pas de ce constat qui n’est que le versant le plus accessible de la réalité : Saqui n’aime pas tant marquer que voir ses coéquipiers le faire. Il aime la célébration du collectif que sanctifie un ballon brossé giflant les filets du but adverse. Comment lui en vouloir ?
« La compétition c’est le moteur du plaisir et l’essence c’est la condition physique »
Malgré ces bons sentiments, personne n’aura la naïveté de croire que le seul fair-play et quelques une-deux à l’échauffement, même parfaitement exécutés, puissent satisfaire l’appétit du PLAF. En capitaine d’expérience, Saqui a conscience de l’importance de la victoire dans la construction d’un groupe et, quand on aborde la question des résultats, les crocs du compétiteur pointent, acérés, derrière le sourire rassurant du manager : « Tous les joueurs méritent leur place au PLAF … mais ça peut être une place assise ». Au Père-Lachaise, si les bons sentiments ressuscitent le groupe, ils restent au vestiaire jusqu’au coup de sifflet final.
« Madame Saqui était proche de l’empereur, moi je le suis de mes joueurs »
Avant de nous quitter pour aller consulter les dernières réponses aux sondages Doodle qu’il organise régulièrement pour planifier les futurs rendez-vous du PLAF, « le Cap'taine » nous assure que son leadership ne cache aucune ambition personnelle déguisée. Si Madame Saqui, en son temps, fricotait avec les puissants, le Saqui d’aujourd’hui est « un capitaine par défaut » fidèle à son serment d’intronisation : il est là pour le plaisir. Et avant tout pour celui des autres.
