jeudi 21 avril 2011

Paris Tout Foot, Acte II – Sondage

Récompensé de sa bravoure en octobre, le PLAF est repêché au tournoi Paris Tout Foot. La compétition se déroule dimanche, au centre sportif Poissonniers. L'objectif est annoncé : faire mieux que la dernière fois. Pas de fair-play qui tienne.

A un peu plus de 48 heures de l'évènement, nous avons enquêté auprès de nos congénères enterrés au Père-Lachaise: le PLAF peut-il se sortir de la poule? Les résultats du micro-caveau sont édifiants. Petit florilège.



« Le PLAF est une équipe littéralement surréaliste. Je prédis une qualif' de la team . J'ai dit un jour : "nos pieds ne se détachent qu'en vain du sol qui contient les morts"; j'espère que le PLAF me fera mentir ». (Guillaume Apollinaire)

« Je viens voir les entraînements du PLAF tous les weekends. Et je peux vous dire que les chances de l'équipe s'amenuisent comme peau de chagrin, comme qui dirait. J'apporte mon soutien inconditionnel à mon pote Proust, mais ça va être difficile ». (Honoré de Balzac)

« Les mecs vont tout faire péter ». (Louis Auguste Blanqui)

« Je m'en bats les steaks, les gars sont même pas syndiqués. Mais je suis patriote, alors allez le PLAF ». (Henri Krasucki)

« Ça va être le Vietnam, un sacré bourbier, believe me. Le PLAF a peut-être les moyens de s'en tirer, même s'ils ne sont que 8 au début. Je connais pas trop l'équipe, les joueurs parlent pas beaucoup. People are strange ». (Jim Morrison).

« J'aime pas trop le foot, mais j'espère bien voir la bite de Champollion ». (André Bézu)

« Je ne suis pas encore arrivé au Père-Lachaise, mais je connais un peu le PLAF : le dimanche, les clameurs arrivent jusqu'à l'hippodrome de Vincennes! L'équipe est sympa, et de toute manière, ils iront tous au paradis! » (Jean Rochefort)

vendredi 8 avril 2011

La tournée du PLAF

La nuit tombait à peine que déjà sur les terrains s'étiraient les ombres des joueurs Lachaise, qui n'avaient pas pris le soin d'enfiler leur tunique sombre, pour ne pas effrayer d'emblée les nobles sportifs habituels de ce nouveau terrain d'entraînement, déjà tout acquis à la cause du PLAF.

A l'instar du Père-Lachaise, le stade de Championnet est doté de chouettes grilles

Cela commençait pourtant mal pour nos footballeurs : un grand soleil maussade, une tiédeur printanière, des terrains bondés par les cris de joie des sportifs approximatifs. Mais l'heure finit par sonner, le dernier rayon s'éclipsa, respectueux des hommes venus s'entraîner là, loin de la terre natale.

La place n'allait pas tarder à se vider, laissant libre le terrain le moins impraticable pour nos valeureux gaillards, prêts à répondre par l'affirmative aux requêtes incessantes des rares badauds restés ici ; ceux-ci voulaient absolument se mesurer au pourtant incommensurable charisme de nos joueurs, visiteurs d'un soir. Soit, faisons plaisir aux autochtones, qui n'ont après tout pas l'air mauvais bougre, lisait-on dans les yeux des fiers frères plafiens.

Le PLAF entamait ainsi la première partie de sa journée championnesque, sans échauffement ! "Nous laissons cela aux  fébriles qui craignent pour leurs muscles. Nous autres ne comptons pas dessus : n'oubliez pas que c'est l'esprit qui compte, chez nous", commentera plus tard Proust, gardien de but d'un soir.

C'était donc parti, et la foule s'assemblait déjà en masse autour du terrain précairement délimité pour l'occasion, anxieuse du sort de son équipe locale, et déjà fascinée par le toucher de balle de Saqui, la précision diabolique de Champollion, les accélérations de Lacapelle, les interceptions dantesques de Proust ou la dextérité fine de Bernhardt. Le jeu du PLAF est comme un vertige, dans lequel il n'est pas si facile de ne pas tomber.

Généreux, les joueurs du PLAF avaient même accepté dans leur équipe quelques fans : leur façon à eux de parapher quelque autographe, de répondre aux yeux implorants rencontrés aux abords des stades. Oui, quelques privilégiés avaient ce droit de côtoyer les grands noms du football post-moderne, de taper dans la même balle que les joueurs noirs, d'échanger parfois même une passe avec eux, quand ce n'était pas un regard quasi-amical, quasi-complice. Ce soir là, le PLAF a été à la hauteur du premier trophée qui l'a rendu public aux yeux de tous, le trophée du fair-play.

Soucieux donc de politesse, et de ne pas d'emblée ridiculiser les braves gens trop heureux de se confronter à lui, le PLAF poussa l'amabilité jusqu'à volontairement encaisser des buts, que les opposants du soir, touchants de naïveté, ont pris pour un réel motif de satisfaction. Puis après trois buts, on décida enfin de laisser le PLAF vaquer à un entraînement plus secret. Les joueurs du Père-Lachaise, après avoir serré quelques mains enthousiastes, s'en furent sur le terrain d'à côté, laissant là les gentils joueurs habitués du terrain, les coeurs regonflés d'une joie indicible.

À leur tour, surpris du cours du match, les fans voulurent se mesurer au PLAF, pensant détenir la moindre chance de réaliser l'"exploit" de l'équipe locale. Ils n'avaient pas saisi, pauvres d'eux-mêmes, la supercherie de cette défaite feinte, qui dissimulait un élan extraordinaire de générosité. Fatalement, les trois premiers buts, cette fois, ont bien fait frémir leur propre filet. Le PLAF commençait son échauffement. À propos d'échauffement, la déclaration de Proust pris tout son sens lorsque, coup sur coup, au grand dam des supporters, Proust lui-même, sur une interception, puis Lacapelle, dans une énième chevauchée, se blessaient. L'un à la cuisse, l'autre au pied. Au lieu de prendre des nouvelles, les adversaires du soir en profitèrent lâchement pour se venger, après avoir - volontairement peut-être, qui le saurait ? - blessé ces deux adversaires. L'hybris des opposants ressortaient ainsi au grand jour : oubliant toute valeur, tout esprit, allant jusqu'à s'oublier eux-mêmes dans leur soif guerrière de vengeance et de violence, ils cherchèrent à marquer but sur but, dans l'espoir de vaincre l'insubmersible PLAF.

Mais l'équipe de noir vêtue, comprenant trop bien les passions si humaines qui se jouaient là, choisit de laisser venir. Proust, passé provisoirement gardien, Lacapelle, devenu l'espace d'un instant porteur d'eau, les trois membres valides du PLAF décidèrent de donner une leçon de vie à leurs fans de toute heure, qui dans leur furie allaient jusqu'à brûler leurs idoles de toujours. Multipliant les contrôles apprximatifs, les relances en touche, les défenses hasardeuses, le PLAF décida de simuler l'hécatombe, la zizanie presque. Trop heureux, dans leur illusion de maîtrise, les adversaires se virent ainsi offrir une demi-douzaine de buts, ramenant le score à 7-3. Seulement, voyant l'heure tourner, le PLAF décida enfin de se remettre à jouer. L'esprit était en marche ! 

Champollion retrouva sa maîtrise légendaire, Saqui sa totale confiance, et Bernhardt sa précision chirurgicale. Les frappes s'enchaînaient alors sur la cage adverse. Le score n'était plus que de 7 à 6 lorsque Lacapelle décida de revenir à son tour sur le terrain, porter l'estocade finale. "Comme à la belle époque !". Le PLAF n'avait plus qu'à inscrire deux buts supplémentaires, et le tour était joué. Les fans - adversaires d'un moment, revenus à la réalité, sans doute un peu déçus, n'en étaient pas moins fiers de ce qu'il avaient compris ce soir là. Ils se rendirent compte enfin de leur folie, étalée au grand jour, et remercièrent les cinq représentants du PLAF, émus eux-mêmes par la réaction de leurs groupies au coeur tendre. 

Le gardien du terrain, embarrassé de venir interrompre là ce si bel instant footballistique, n'en a pas moins dû suggérer au PLAF l'idée que peut-être, si le PLAF le souhaitait, il lui faudrait rentrer. Compréhensifs, les joueurs s'en irent donc vers d'autres horizons, remerciés chaleureusement par les locaux, qui eux aussi, finalement, comprirent le véritable prix de leur victoire d'avant.

mardi 5 avril 2011

LE TRAIN-TRAIN DE LA VICTOIRE

A l'arrachée, le PLAF l'emporte de nouveau ce weekend, contre une équipe (presque) à sa hauteur. Et monte sur le podium. 

C'est en petit train, et au petit trot, que Champollion, Holgado et Saqui rejoignent le terrain de Polygone, sous la fine pluie dominicale. Proust est à la bourre (il passe son temps à le chercher), Lacapelle un peu moins, l'équipe se met doucement en place. Mais voilà que les guerriers adverses se dressent déjà sur la route du PLAF. Ils sont trois, bientôt cinq, et après une bonne demi-heure de frappes en lulu en guise d'échauffement (on dénombre pas moins de douze araignées tuées sur le coup), la partie peut commencer. 

Ça partait pourtant bien pour Holgado

Experts en stratégie, les plafistes appliquent les consignes du coach à la lettre : une-deux gagnant en pointe pour l'ouverture du score, et en route pour un bétonnage défensif ...  en béton. Malheureusement, Saqui et Lacapelle peinent à trouver leur second souffle, Champollion est en galère, et Proust n'ajuste pas ses relances. Seul Holgado se démène, mais il est seul contre cinq. Résultat : les adversaires du jour mènent 4-1 au bout de 20 minutes de jeu. Le PLAF tangue. 

Mais cette équipe est pleine de ressources, et Proust, d'un tacle désespéré, sort la balle du K.-O. Sur sa lancée, il se met à pilonner la défense adverse, et d'un doublé de 40 mètres, redonne vie à ses coéquipiers. Le score se resserre, le jeu se durcit, et les deux équipes sont au corps-à-corps pendant toute la partie : l'adversaire fait parfois peine à voir en attaque, mais peut se reposer sur un ou deux jours bien formés, qui frappent vite et dur. Pendant ce temps, le PLAF s'en remet aux roulettes de Saqui, à la vista de Champollion et aux déboulés unijambistes de Holgado pour punir les ennemis. 

Bientôt deux heures de jeu, nous en sommes à 8-7 pour les hommes en noir. La pelouse étant aussi désastreuse que l'arbitrage (Holgado en a fait les frais, auto-retournage de cheville à la 47ème), les organismes s'usent et la qualité du spectacle proposé s'en ressent : l'avant-centre adverse rate à peu près tout ce qu'il entreprend, Saqui et son vis-à-vis prennent l'apéro allongés sur la pelouse, Holgado aimante les ballons adverses, bref, les défenses prennent le dessus et même la gonfle se fait chier. Pourtant, sur un but gag, les ennemis du jour égalisent, et le PLAF, piqué au vif, en remet aussitôt une couche : 9-8, puis 9-9, on souffre et on souffle de part et d'autre. Ultime session de pressing du PLAF. De l'aveu des gringos d'en face, les cimetiéristes "caressent la victoire". 


Il s'en faudra d'un rush de Holgado, soudainement remis sur pied, pour que nos héros, fatigués mais heureux, tombent dans les bras de leurs très sympathiques sparring-partners : qu'on se le dise, la victoire est en eux.

lundi 4 avril 2011

HOLGADO : "MON ENGAGEMENT POUR LE PLAF RESTERA INTACT"

Au lendemain d'un match spectaculaire (10-9 pour le PLAF après plus de 10 buts refusés par des arbitres de toute évidence corrompus), le réveil est difficile pour les blackmen. Terre dans les oreilles, piqures de moustiques et crampes sont des petits bobos qui seront vite oubliés. Le cas d'Holgado est malheureusement plus délicat. TEMOIGNAGE.

Après un retour laborieux à son domicile hier soir aux alentours de 19h30, le vaillant Ticky était plutôt confiant. Il y avait certes eu cette 47e minute de jeu où, à la suite d'une intervention hasardeuse dans sa propre surface, il était retombé sur sa cheville sans toucher le ballon (ce que les amateurs du PLAF ne manqueront pas d'apprécier). Grosse douleur et grosse frayeur sur le coup. Mais après 40 minutes passées dans les buts, Holgado se sentait pousser des ailes et repartait à l'assaut de l'adversaire. Et c'est même lui qui donnait la victoire à son équipe à la 153e minute de jeu.

La nuit fut une longue et cruelle épreuve que le doliprane mélangé à l'alcool ne purent améliorer. "J'ai rêvé que je marquais des buts" souligne Ticky au réveil. "J'ai tout donné pour le PLAF. Je ne regrette absolument pas d'avoir continué malgré la douleur même si je suis très déçu de devoir abandonner le PLAF quelques temps. Je sais que n'importe lequel de mes coéquipiers aurait fait de même."

Mais les conséquences sont lourdes et Ticky ne retrouvera malheureusement pas l'entraînement avant 15 jours. Il s'est en effet réveillé avec une cheville qui avait triplé de volume et un joli bleu. "Grosse entorse et ligaments étirés" a dit le médecin.
"Je suis immobilisé 8 jours.... Je vais bien me faire chi... mais mon engagement pour le PLAF restera intact même si je sais que l'équipe va sûrement faire jouer son joker médical pour faire appel à un autre joueur."

Sur le plan personnel, Ticky est confiant : "Cette immobilisation sera sûrement pénible à la longue mais je compte sur le PLAF pour me soutenir. Si Franck Ribéry (un ami du joueur ndlr) a parfaitement surmonté ses difficultés, c'est grâce à l'encadrement du Bayern. C'est dans ces moments-là aussi qu'on construit un grand club." 


L'avenir nous dira si Holgado avait vu juste !

A suivre : le compte-rendu du match