lundi 21 février 2011

Le Père-Lachaise Athlétic rejoue et gagne.

Il n’est pas excessif d’affirmer que les concerts de klaxons ont puissamment animé la nuit de dimanche à lundi, dans le quartier du Jourdain comme dans celui de Gambetta, des alentours de Pelleport aux contreforts de Marcadet, bastions historiques du club, où ils résonnent encore à l’heure où je vous écris.
Trois fourgons de police, dit-on, dépêchés par les forces de l’ordre suite aux plaintes de certains riverains mal informés, auraient été incendiés sans sommations, et un quatrième jeté à la Seine aux cris confus de "Plaf, Plaf, Plaf !"
A l’origine de ce tohu-bohu, -on s’en doute- un nouveau succès du PLAF, qui poursuivait hier après-midi sa série de tests-matchs préparatoires au Challenge Brongniart, dans l’ambiance glauque et ultra-compétitive du Polygone de Vincennes.

Flahaut, à l'abri de sa capuche spéciale

Toute la semaine, les supputations sur l’identité des adversaires appelés à être jetés en pâture à nos chers plafistes, étaient allées bon train, frisant souvent le grand n’importe quoi. Ainsi, avait-on d’abord évoqué la venue d’une sélection France 75, constituée du seul Marius Trésor, pour fêter les 35 ans des Editions Panini, - avant que ne court la rumeur d’un match à huis-clos face à l’équipe réserve du Père-Lachaise, essentiellement composée d’anciens communards.
Enfin, on avait murmuré la possibilité d’un match de charité contre les trois ours blancs du Zoo de Vincennes, match dont les bénéfices seraient directement allés à la restauration de l’enclos des gnous.
Fi de fantasmes ! Plutôt que de verser dans le battage médiatique et creux, plutôt que se faire mousser, les joueurs du Plaf ont préféré la discrétion d’un match contre des anonymes, anciens footballeurs du samedi passés footballeurs du dimanche : une équipe de mercenaires, de durs à cuire, d’anciens bannis, une équipe de joueurs jamais descendus du car, une équipe de suspendus à vie jouant pour la plupart avec un bracelet électronique.
Pour compléter les lignes, les plafistes Lacapelle et Proust, abandonnant la tunique noire carbone, ont momentanément accepté de passer à l’ennemi, trouvant là l’opportunité de connaître l’échec et de travailler un peu leur humilité. Ce qui est tout à l’honneur de ces deux traîtres.

Les jambes éprouvées de Lacapelle

 Sur un terrain parfaitement moisi, les choses semblèrent d’abord compliquées pour l’équipe de la mort. Colmatant difficilement les brèches sur son flanc droit, elle souffrit, salit son short, encaissa, mais sans jamais rompre, faisant jouer l’adversaire (82% de possession de balle) pour mieux l’user à son insu. Ainsi, avec ces diables de joueurs, le piège se referme-t-il comme la dalle sur le caveau du chanteur à succès. Vous pensez avoir le match en mains, mais vous voilà déjà avec le souffle court et la main crispée sur la poitrine, taraudé par une douleur qui irradie. Le temps d’acheminer le défibrillateur, il est déjà trop tard. A six reprises, par l’intermédiaire, entre autres, de Wilde -intéressant pour son retour-, du capitaine Saqui -enfin retrouvé-, ou encore de Holgado – vif et disponible- les filets adverses ont tremblé, ramenant les plafistes de 2-5 à 6-5, score final du match.

Très sollicité, Bonheur boit la sueur de ses adversaires

 Ce matin, les satisfactions abondent, au point qu’il est difficile d’en dresser la liste.
De l’attaque à la défense, tous les chantiers progressent et on a vu, hier, apparaître un véritable système de jeu, comme à l’échographie, avec ses petits bras en forme de crochets, et ses petits pieds pour tacler. Dans cet édifice -que ne renierait pas l’architecte Brongniart- chacun trouve sa place. Chacun est complémentaire de l’autre. Le Père-Lachaise Athlétic n’est plus une addition de brillants macchabées, mais bel et bien un mausolée. Le tibia soutient le péroné, qui lui même épaule le fémur.
A partir de ce constat, tous les espoirs sont permis. Et l’on regrettera simplement que les absences répétées du Pasteur Marron et de Sarah Bernhardt ne les repousse désormais à un niveau trop faible pour pouvoir embarquer à bord du vaisseau Succès.

La semaine prochaine, back to Vincennes, où le PLAF se mesurera à une sélection du cimetière de Montmartre, sous l’arbritrage de monsieur Charles Baudelaire.

lundi 14 février 2011

Père-Lachaise not dead.

Il était un peu plus de 15h, hier après-midi, lorsque les différentes parties en cours sur les terrains du Polygone de Vincennes se sont subitement arrêtées. Les valeureux joueurs du Père-Lachaise Athlétic Foot traversaient l'aire de jeux pour se rendre à la lisière du bois, sur la zone qui leur avait été réservée par le Ministère des Sports, et tous les regards tournés vers eux semblaient dire : « Ce sont eux ! », « Les voilà ! », « Mazette, si seulement j'étais meilleur, je pourrais moi aussi prétendre à faire partie de cette équipe ! ».

Les victimes expiatoires du jour constituaient un agglomérat plus ou moins grumeleux de joueurs de la Fanatics, mélangé à la crème de l'est parisien. Ainsi, c'était, tout additionnées, pas moins de 18 saisons en club (dont une en promotion d'honneur), qui se dressaient devant nos plafistes, lesquels avaient eux-mêmes composé la liste de leurs adversaires, selon les points à travailler (essentiellement la défense). Quelque soit le résultat -anecdotique*- de cette rencontre, il faut saluer la générosité avec laquelle nos opposants, nullement impressionnés malgré leurs maillots dépareillés, ont -deux heures durant- joué les sparring-partners courageux, martelant les points supposés faibles du PLAF (circulation, conservation, repli défensif, côté droit, côté gauche, axe...), afin de nous offrir un entraînement riche en enseignements et nous permettre d'y voir plus clair sur le travail restant à accomplir (ou non).

Le gardien Holgado récupère le ballon au milieu du terrain.

Ne nous voilons pas la face. S'il y eut quelques déceptions – le gardien, Pasteur Marron, blessé à la cheville dès la première minute du match, tandis qu'il allait récupérer le ballon coincé dans un arbre- le bilan est très largement positif. De l'avis des nombreux observateurs réunis hier sur le bord de touche, les Plafistes ont encore une fois régalé tous ceux qui ne se satisfont pas du foot-spectacle. Ici, pas d'esbrouffe, pas de bicyclette à la Rooney, mais un jeu tout en tactique et perte de balle volontaire, terriblement désarmant pour l'adversaire, qui eut les pires difficultés à ne pas tomber dans le piège.
Le PLAF produit un football prodigieusement en avance sur son temps. Nulle pression physique, nulle agressivité, mais au contraire, l'assurance nonchalante et le flegme diabolique du joueur d'échecs. Ainsi, parmi les hommes au maillot noir, n'hésite-t-on jamais à sacrifier un joueur, voire deux, puis trois, pour obtenir une touche, en apparence -mais en est-on bien certain ?- sans danger.
Bien sûr, cette façon de jouer -encore inédite en France et dans le monde-, cette manière si personnelle de progresser par à-coups en donnant à l'adversaire la vertigineuse impression que nous reculons- nécessite encore quelques réglages. Tout n'est pas au point, et c'est tant mieux, car le jour où l'incroyable énergie d'un Proust ou d'un Holgado (également auteur d'un très bel intérim dans les buts) fusionnera avec la redoutable technicité d'un Bonheur (encore trois petits ponts hier) ou d'une Flahaut, on se demande bien qui acceptera de jouer contre le Père-Lachaise ! Mais chaque problème en son temps. Pour l'instant, les adversaires ne manquent pas. On peut même dire qu'ils se bousculent au portillon du cimetière.

Bonheur ratant d'un rien le but du K.O.

Suivant une courbe parfaitement inverse à celle de leurs rivaux, les Plafistes ont semblé de mieux en mieux à mesure que le match avançait. Au bout de deux heures de jeu, ils parurent même sur le point de prendre l'ascendant, lorsque les Fanatics -de façon moyennement fair-play, mais chacun appréciera- ont prétexté l'arrivée de la nuit pour prendre congé. Qu'à cela ne tienne, vainqueurs moraux, les joueurs du PLAF pouvaient quitter Vincennes sous les clameurs, satisfaits de leurs nombreuses avancées du jour – à commencer par les corners, traditionnel point faible du groupe, en passe de devenir leur principal atout.

Laissant les étirements d'après-match à d'autres, le PLAF se rentra, homogène et uni jusqu'à la bouche de métro. Ravis mais heureux, il était alors temps de reposer les organismes, doublement sollicités pendant le week-end. En effet, le samedi soir avait vu passer la fête d'anniversaire de Holgado, laquelle s'était conclue dimanche en matinée, au commissariat du seizième, où plusieurs de nos membres ont été entendus pour exhibitionnisme physique et mental.

 Capitaine Saqui, globalement satisfait.

Prochain rendez-vous dimanche prochain à Vincennes, où nos footballeurs favoris affronteront cette fois la redoutable équipe des jeunes du collège spécialisé Louis Braille.
A vos pronostics !





*8-0 en faveur des Fanatics.