lundi 14 février 2011

Père-Lachaise not dead.

Il était un peu plus de 15h, hier après-midi, lorsque les différentes parties en cours sur les terrains du Polygone de Vincennes se sont subitement arrêtées. Les valeureux joueurs du Père-Lachaise Athlétic Foot traversaient l'aire de jeux pour se rendre à la lisière du bois, sur la zone qui leur avait été réservée par le Ministère des Sports, et tous les regards tournés vers eux semblaient dire : « Ce sont eux ! », « Les voilà ! », « Mazette, si seulement j'étais meilleur, je pourrais moi aussi prétendre à faire partie de cette équipe ! ».

Les victimes expiatoires du jour constituaient un agglomérat plus ou moins grumeleux de joueurs de la Fanatics, mélangé à la crème de l'est parisien. Ainsi, c'était, tout additionnées, pas moins de 18 saisons en club (dont une en promotion d'honneur), qui se dressaient devant nos plafistes, lesquels avaient eux-mêmes composé la liste de leurs adversaires, selon les points à travailler (essentiellement la défense). Quelque soit le résultat -anecdotique*- de cette rencontre, il faut saluer la générosité avec laquelle nos opposants, nullement impressionnés malgré leurs maillots dépareillés, ont -deux heures durant- joué les sparring-partners courageux, martelant les points supposés faibles du PLAF (circulation, conservation, repli défensif, côté droit, côté gauche, axe...), afin de nous offrir un entraînement riche en enseignements et nous permettre d'y voir plus clair sur le travail restant à accomplir (ou non).

Le gardien Holgado récupère le ballon au milieu du terrain.

Ne nous voilons pas la face. S'il y eut quelques déceptions – le gardien, Pasteur Marron, blessé à la cheville dès la première minute du match, tandis qu'il allait récupérer le ballon coincé dans un arbre- le bilan est très largement positif. De l'avis des nombreux observateurs réunis hier sur le bord de touche, les Plafistes ont encore une fois régalé tous ceux qui ne se satisfont pas du foot-spectacle. Ici, pas d'esbrouffe, pas de bicyclette à la Rooney, mais un jeu tout en tactique et perte de balle volontaire, terriblement désarmant pour l'adversaire, qui eut les pires difficultés à ne pas tomber dans le piège.
Le PLAF produit un football prodigieusement en avance sur son temps. Nulle pression physique, nulle agressivité, mais au contraire, l'assurance nonchalante et le flegme diabolique du joueur d'échecs. Ainsi, parmi les hommes au maillot noir, n'hésite-t-on jamais à sacrifier un joueur, voire deux, puis trois, pour obtenir une touche, en apparence -mais en est-on bien certain ?- sans danger.
Bien sûr, cette façon de jouer -encore inédite en France et dans le monde-, cette manière si personnelle de progresser par à-coups en donnant à l'adversaire la vertigineuse impression que nous reculons- nécessite encore quelques réglages. Tout n'est pas au point, et c'est tant mieux, car le jour où l'incroyable énergie d'un Proust ou d'un Holgado (également auteur d'un très bel intérim dans les buts) fusionnera avec la redoutable technicité d'un Bonheur (encore trois petits ponts hier) ou d'une Flahaut, on se demande bien qui acceptera de jouer contre le Père-Lachaise ! Mais chaque problème en son temps. Pour l'instant, les adversaires ne manquent pas. On peut même dire qu'ils se bousculent au portillon du cimetière.

Bonheur ratant d'un rien le but du K.O.

Suivant une courbe parfaitement inverse à celle de leurs rivaux, les Plafistes ont semblé de mieux en mieux à mesure que le match avançait. Au bout de deux heures de jeu, ils parurent même sur le point de prendre l'ascendant, lorsque les Fanatics -de façon moyennement fair-play, mais chacun appréciera- ont prétexté l'arrivée de la nuit pour prendre congé. Qu'à cela ne tienne, vainqueurs moraux, les joueurs du PLAF pouvaient quitter Vincennes sous les clameurs, satisfaits de leurs nombreuses avancées du jour – à commencer par les corners, traditionnel point faible du groupe, en passe de devenir leur principal atout.

Laissant les étirements d'après-match à d'autres, le PLAF se rentra, homogène et uni jusqu'à la bouche de métro. Ravis mais heureux, il était alors temps de reposer les organismes, doublement sollicités pendant le week-end. En effet, le samedi soir avait vu passer la fête d'anniversaire de Holgado, laquelle s'était conclue dimanche en matinée, au commissariat du seizième, où plusieurs de nos membres ont été entendus pour exhibitionnisme physique et mental.

 Capitaine Saqui, globalement satisfait.

Prochain rendez-vous dimanche prochain à Vincennes, où nos footballeurs favoris affronteront cette fois la redoutable équipe des jeunes du collège spécialisé Louis Braille.
A vos pronostics !





*8-0 en faveur des Fanatics.

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