Il n’est pas excessif d’affirmer que les concerts de klaxons ont puissamment animé la nuit de dimanche à lundi, dans le quartier du Jourdain comme dans celui de Gambetta, des alentours de Pelleport aux contreforts de Marcadet, bastions historiques du club, où ils résonnent encore à l’heure où je vous écris.
Trois fourgons de police, dit-on, dépêchés par les forces de l’ordre suite aux plaintes de certains riverains mal informés, auraient été incendiés sans sommations, et un quatrième jeté à la Seine aux cris confus de "Plaf, Plaf, Plaf !"
A l’origine de ce tohu-bohu, -on s’en doute- un nouveau succès du PLAF, qui poursuivait hier après-midi sa série de tests-matchs préparatoires au Challenge Brongniart, dans l’ambiance glauque et ultra-compétitive du Polygone de Vincennes.
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| Flahaut, à l'abri de sa capuche spéciale |
Toute la semaine, les supputations sur l’identité des adversaires appelés à être jetés en pâture à nos chers plafistes, étaient allées bon train, frisant souvent le grand n’importe quoi. Ainsi, avait-on d’abord évoqué la venue d’une sélection France 75, constituée du seul Marius Trésor, pour fêter les 35 ans des Editions Panini, - avant que ne court la rumeur d’un match à huis-clos face à l’équipe réserve du Père-Lachaise, essentiellement composée d’anciens communards.
Enfin, on avait murmuré la possibilité d’un match de charité contre les trois ours blancs du Zoo de Vincennes, match dont les bénéfices seraient directement allés à la restauration de l’enclos des gnous.
Fi de fantasmes ! Plutôt que de verser dans le battage médiatique et creux, plutôt que se faire mousser, les joueurs du Plaf ont préféré la discrétion d’un match contre des anonymes, anciens footballeurs du samedi passés footballeurs du dimanche : une équipe de mercenaires, de durs à cuire, d’anciens bannis, une équipe de joueurs jamais descendus du car, une équipe de suspendus à vie jouant pour la plupart avec un bracelet électronique.
Pour compléter les lignes, les plafistes Lacapelle et Proust, abandonnant la tunique noire carbone, ont momentanément accepté de passer à l’ennemi, trouvant là l’opportunité de connaître l’échec et de travailler un peu leur humilité. Ce qui est tout à l’honneur de ces deux traîtres.
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| Les jambes éprouvées de Lacapelle |
Sur un terrain parfaitement moisi, les choses semblèrent d’abord compliquées pour l’équipe de la mort. Colmatant difficilement les brèches sur son flanc droit, elle souffrit, salit son short, encaissa, mais sans jamais rompre, faisant jouer l’adversaire (82% de possession de balle) pour mieux l’user à son insu. Ainsi, avec ces diables de joueurs, le piège se referme-t-il comme la dalle sur le caveau du chanteur à succès. Vous pensez avoir le match en mains, mais vous voilà déjà avec le souffle court et la main crispée sur la poitrine, taraudé par une douleur qui irradie. Le temps d’acheminer le défibrillateur, il est déjà trop tard. A six reprises, par l’intermédiaire, entre autres, de Wilde -intéressant pour son retour-, du capitaine Saqui -enfin retrouvé-, ou encore de Holgado – vif et disponible- les filets adverses ont tremblé, ramenant les plafistes de 2-5 à 6-5, score final du match.
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| Très sollicité, Bonheur boit la sueur de ses adversaires |
Ce matin, les satisfactions abondent, au point qu’il est difficile d’en dresser la liste.
De l’attaque à la défense, tous les chantiers progressent et on a vu, hier, apparaître un véritable système de jeu, comme à l’échographie, avec ses petits bras en forme de crochets, et ses petits pieds pour tacler. Dans cet édifice -que ne renierait pas l’architecte Brongniart- chacun trouve sa place. Chacun est complémentaire de l’autre. Le Père-Lachaise Athlétic n’est plus une addition de brillants macchabées, mais bel et bien un mausolée. Le tibia soutient le péroné, qui lui même épaule le fémur.
A partir de ce constat, tous les espoirs sont permis. Et l’on regrettera simplement que les absences répétées du Pasteur Marron et de Sarah Bernhardt ne les repousse désormais à un niveau trop faible pour pouvoir embarquer à bord du vaisseau Succès.
La semaine prochaine, back to Vincennes, où le PLAF se mesurera à une sélection du cimetière de Montmartre, sous l’arbritrage de monsieur Charles Baudelaire.



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