vendredi 15 juin 2012

Tatane, yo yo

Le Père-Lachaise Athletic Football a eu l’insigne honneur de participer au Tournoi Tatane organisé par la bande à Vikash, ce dimanche au 104. Et c’était bien.

Gloire aux vaincus.
Au début, on se serait cru au Paris Tout Foot 2011 : à peine arrivée, l’équipe reconnaît les gars du Bayern de Monique, de la New Team et les locaux de la Crimée 51, autant d’anciens adversaires à fort capital sympathie. Chauds bouillants, ils sont prêts à en découdre sur le béton gélifié du 104, aménagé pour l’occasion en footfloor de luxe.

A la fin, ça ressemblait à un Challenge Brongniart en indoor : il y avait eu des matches, des buts, mais il n’y avait pas de vainqueur. La DCRI est sur le coup, mais il semblerait bien que la Tatane, défaite et délacée, ait décidé de ne pas distribuer de récompenses, sous couvert de « football sain », de « jeu pour le jeu » et autres « fair-play ». Si vous voulez gagner un jour, les gars, il faudra bien s’y mettre, à l’esprit de compétition.

Vainqueurs, pas vainqueurs? Le PLAF est dans le flou

Entre-temps, c’était une fête du football sympa, animée par l’équipe de Tatane qui avait mis les moyens : animateurs, règles à la con (ce qui peut être avantageux pour un footballeur) voire carrément complexes (ce qui peut être terrifiant pour un footballeur), mégaphones, sirènes, sans oublier des chouettes chasubles floquées Tatane qui ont ravi les petits comme les plus grands.

La chasse aux sorcières a commencé

Joyeux anniversaire.
Personne ne sait plus trop qui était le premier adversaire du PLAF, mais à quoi bon ? Il n’y en a que pour les hommes en noir sur le terrain, qui auraient gagné et un et deux et trois zéro si la « règles des 5 passes » n’avait permis à l’équipe d’en face de marquer un pion sans quitter sa surface de réparation. Qu’importe, l’ambiance est bonne, tout le monde se marre et les dirigeants du 104 sont aux anges : ils ont fait l’équivalent de 3 mois de recettes rien qu’avec la billetterie de cet après-midi.

La tactique proposée par le coach pour cette première confrontation est simple : donner le ballon à Champollion dans les pires conditions, pour qu’il puisse briller d’autant. Effectivement, la Champe a un Ribéry dans la jambe droite et un Benzema dans la gauche, ce qui est plutôt pratique pour faire des une-deux tout seul. Pas de temps à perdre, car dès la 3ème minute, le 7 du PLAF signe le but de l’année d’un exploit personnel. C’était ce jour-là son anniversaire, mais c’est lui qui a offert le cadeau. Pendant ce temps, Lacapelle, qui a un demi-Valbuena dans la cheville et un Ben Arfa qui slame dans la tête, tente des gestes confondants de spontanéité, qui sont tout près de faire mouche.

"Flûte, j'ai encore perdu mon temps"

Mise en confiance par ce premier succès, le PLAF s’avance vers le banc de touche, mais c’est déjà l’heure de rejouer. Cette fois, l’adversaire est la fameuse Tatane, menée par un Dhorasoo métronomique. Mais en face, ce n’est pas la 1ère division ou l’Intertoto, c’est le Père-Lachaise, le onze qui fait peur. Et justement, l’équipe est en cannes, ça combine, ça trouve les filets. En face, les erreurs de placement ne forment plus un déjà plus un boulevard : c’est les Champs-Elysées dans la défense de la Tatane, et Bernhardt et Lacapelle ont la désagréable impression d’avoir déjà vécu ça quelques heures plus tôt. Seconde victoire donc, assurée par un pressing haut et court de Bernhardt et Bonheur, les B&B du PLAF.


L’œil de Yann Barthès.
Entre deux matches, une supportrice, venue poser pour la photo entre Champollion et Saqui, trouve que « ça sent l’homme ». Eh oui, c’était un secret de polichinelle : les Plafistes ne sont ni des animaux, ni des robots. Et ils ne se feront pas plus bêtes qu’ils ne le sont lors du troisième match, qui les voit battre une équipe anonyme 4 buts à zéro. Ciseau de Bonheur, tête plongeante de Bernhardt, missile de Proust, tout le monde y passe – on eût parlé d’une véritable tournante si ce n’était la présence d’enfants.

Le troisième match est une formalité pour les pensionnaires du cimetière, qui s’imposent sans difficulté sur le score net de 4-0. Ça sent bon, les joueurs sont chauds mais ils n’ont plus le droit d’affronter personne. A croire que le PLAF fait (vraiment) peur.

En attendant la fin du tournoi, tout le monde se repose, petits cafés pour certains, pizza pour Flahaut et roulée pour Lacapelle, encore ému de sa prestation. Les supportrices venues en masse tweetent à tout-va (merci Ornette, Nora, Benja, Sabine et la holgateam pour leurs encouragements) tandis que Bonheur se fait interviewer par le Petit Journal, venu justifier le renouvellement de sa carte de presse (bien vu Sébastien).

Benoît Forgeard, Vikash Dhorasoo, Gérald Dahan et Adrian Brody : 
les Grosses Têtes 2.0

Et c’est au petit trot que, la compétition achevée, l’exhibition PLAF vs Tatane peut avoir lieu à 7 contre 7 sur grand terrain, sous le regard des Parisiens médusés de voir Vikash mettre un deuxième petit pont à Saqui. La grinta ne fait cependant pas tout puisque c’est le PLAF qui détient la clé de l’efficacité (ouverture du score pleine de sang-froid de Flahaut). Piquée au vif, la Tatane égalise sur une action confuse. On s’achemine vers les arrêts de jeu quand, sous la pression, les organisateurs marquent contre leur camp.

Photo de famille. 
De gauche à droite, en haut : Proust, Champollion, Bonheur, Flahaut et Bernhardt. 
En bas : Holgado, Saqui, Lacapelle.

4 victoires en 4 matches, c’est encourageant pour le Père-Lachaise. On retiendra surtout l’excellent état d’esprit qui a régné tout au long de cette journée, la qualité de l’organisation et le joli compliment adressé par l’ancien international : « Votre équipe, c’est un sketch ».

Rendez-vous pendant l’été, pour un match qui s’annonce d’anthologie contre le Variété Club de France.



Les stats
PLAF – Bayern de Monique (ou autres) : 3-1 (Champollion, Lacapelle, Holgado - personne)
Tatane – PLAF : 1-2 (Dhorasoo – Bernhardt, Champollion)
Anonymousse – PLAF : 0-4 (Lacapelle, Bonheur, Proust x2)

Amical : PLAF – Tatane : 2-1 (Flahaut, Tatane c.s.c.)
Possession de balle (cumulée): 100%

mardi 17 avril 2012

La mi-temps c'est maintenant !

Vincennes, dimanche 16 avril 2012. Il est environ 17h lorsque monte des tribunes une marseillaise toute enjouée et à la limite des larmes devant tant d'audace, de conviction, de pugnacité. Point de promesses non tenues, les joueurs du Père-Lachaise avaient mis les points sur les i : « Nous savons la tâche qui nous attend, nous nous y sommes préparé depuis plus longtemps qu'on ne le croit » lâchait ainsi le directeur de campagne du PLAF, accessoirement aussi son capitaine, Saqui.

George est de sortie : il fait un temps de chien

Saqui justement … Il fut un peu à ce dimanche ce que Laurent Blanc fut à la finale de la coupe du monde de 1998, le grand absent, la poutre maîtresse sur laquelle la maison PLAF sait s'appuyer dans les bons comme dans les mauvais moments. Alors que ses coéquipiers entraient dans l'arène, d'aucun l'aurait vu lâcher une petite larme. 

La réaction de l'équipe, qui vient d'apprendre que Saqui ne jouerait pas le match

Des engagements responsables, des engagements forts, voilà ce que les dizaine de milliers de supporters venus à Vincennes ce jours-là réclamaient du bout des lèvres. C'est Bonheur qui les libéra. Alors que les rumeurs les plus folles l'envoyaient jouer du côté du Cimetière de Lille l'année prochaine (on l'aurait même aperçu signer des autographes à des supporters il y a peu), le robuste milieu de terrain déclamait : « La route est droite, mais la pente est raide, et le PLAF n'amasse pas mousse ». Les adversaires du jour étaient prévenus : avant le second, il y aurait un premier tour, âpre et rude à disputer.

Bonheur prend le meilleur sur Andy-Yves Caroll

Les adversaires du jour se présentaient dans leur composition type, en 1-2 (variable)-1-1 (un peu sur la gauche)-2 (3 en fonction). Les joueurs du PLAF décidaient d'entrer piano piano dans la campagne. Pas de grand soir, pas de grandes chevauchées, pas de grandes passes, pas de grandes actions, pas de grands buts, le PLAF décidait de la jouer pragmatique, gestionnaire, Milan AC et Alain Minc. « Les joueurs n'ont pas de caisse ? Qu'importe, il paraît qu'elles sont vides ». 

Deux manières de renflouer les caisses : ramasser les pièces jaunes ou les recueillir

En joueur de conséquence, le capitaine-coach-président-manager Saqui décidait donc d'organiser son équipe dans son dispositif le plus redoutable et le plus redouté, le fameux 6-1. « Vous n'avez pas vu la finale d'Amsterdam ? C'est la soufflante que met Federer à Del Potro en finale et dès le premier set s'il vous plait ! » s'exclamait le coach. Tactique payante, le PLAF ne prenait que trois buts en première mi-temps et regardait ses adversaires s'essouffler.

Un but de l'équipe d'en face

Après la rigueur, la relance, le PLAF se prenait en main et décidait de la jouer à J.M. Keynes (JMK7), le grand attaquant du Cambridge FC des années 30. Champollion se mit alors à alterner avec grâce et malice des parades décisives et des chevauchées solitaires, Lacapelle redevint la plaque tournante, le pivot qu'il fut ces derniers mois, et Flahaut gratifiait les fans de débordements digne de la célèbre goutte d'eau. Proust taclait comme jamais et affichait une statistique hallucinante : plus de 8% de tacles réussis. Les mouvements se faisaient plus fluides, plus féériques, et ramenaient le PLAF à 4-3, ou 3-4.

Attention talent : les néo-plafistes savent donner le score en langage des signes

La marseillaise atteint alors son paroxysme non loin de là. Mais par une décision arbitrale abracadabrantesque, un but sur le poteau fut injustement refusé aux vaillants du jour. L'équipe adverse (dont un joueur ou deux auraient tapé dans l'œil du recruteur plafiste) profitait lâchement de la collation du PLAF pour inscrire deux buts et décider arbitrairement de promouvoir les prolongations zéro. Les joueurs du PLAF ayant rajouté un bien pieux pion par Proust à la 117e minute, le tableau d'affichage affichait un assez noble 60%-40%.

Champollion s'apprête à tirer un penalty décisif sur le poteau

Saqui ne s'en cachait pas. Attendre à nouveau 5 ans pour revivre un tel moment sera pénible. Mais le sage capitaine, Premier ministre du PLAF à sa façon et admirateur de Jean-Pierre Raffarin concluait en citant son maître : « Merci de nous montrer que la victoire n'est pas facile, qu'elle se gagne étable par étable, commune par commune ». 

Prends en de la graine Xavier Gravelaine !

vendredi 6 avril 2012

Bonheur : "Pour le but en titanium"

En pleine bourre sur les terrains comme en dehors, Bonheur démontre qu'on peut avoir une bonne tête de joueur en étant un bon joueur de tête. 
Nous publions en intégralité l'interview qu'il donne à SoFoot du mois d'avril : 

Dans son film "Réussir sa vie", en salles depuis mercredi, Benoît Forgeard réunit 3 courts-métrages complétement barrés. Le premier , "La course nue", raconte l'histoire d'une fille qui joue les streakeuses au Stade de France, en plein match de foot, pour son opérateur télécom à qui elle doit des ronds. Si le deuxième parle d'un ex-taulard reconverti en songwriter pour Alain Souchon, le troisième court-métrage lui convoque Alka Balbir, fille de... Preuve que le football inspire Benoît Forgeard. Alors que ce joue ce week-end PSG/OM, l'occasion était parfaite pour parler foot avec lui. Propos recueillis par David Sfez.

Un pronostic pour ce PSG/OM, importantissime pour les Parisiens ?
Foutu pour foutu, l'OM pourrait prendre un malin plaisir à faire chuter le PSG, pas bien en point ces derniers temps. Ça me fait mal au bide de pronostiquer ça, mais je dois me rendre à l'évidence. 2-1 pour l'OM. CSC de Pastore dans les arrêts de jeu.

Comment êtes vous devenu supporter du PSG ?
Un Paris SG-Lokomotiv Sofia, à l'automne 1982. Quelque chose comme 5-1 pour Paris, avec un fantastique Michel N'Gom. Quelques mois plus tôt, c'est la victoire en coupe de France, pour le dernier match de Platini avec l'ASSE.

Un avis sur le PSG made in Qatar ?
C'est comme toucher un héritage, non ? Ou comme frotter une lampe à huile dans les vestiaires d'un club moyen de ligue 1 et de voir apparaître un génie. Je suis plutôt pour. Paris est, de toutes façons, la ville de toutes les aventures.

Le joueur qui vous a le plus impressionné ou décu cette saison ? 
Qui m'a le plus enthousiasmé : Peguy Luyindula, pour son absence de combativité, qui évoque le Gandhi des grandes heures. Le plus déçu : Ronan Le Crom. Toujours aucune parade décisive.

Meilleur souvenir en tant que supporter du PSG ?
Le but d'Antoine Kombouaré contre le Real en 1993 en Coupe de l'UEFA. Le hic c'est que je l'ai vu à l'époque en crypté avec mon reup. Quand j'ai pu bien le voir, c'était seulement quinze ans plus tard et sur YouTube.

Pire souvenir en tant que supporter du PSG ? 
L'élimination par Watershei en quarts de finale de la coupe des coupes 1983, 3-0 en Belgique, après avoir gagné 2-0 au Parc. Inacceptable. Une blessure jamais vraiment guérie.

Vous partagez l'affiche avec Alka Balbir, la fille de Denis. Est-ce un hommage déguisé au commentateur ?
Pour jouer le rôle d'Alexandra, une étudiante victime d'un bug informatique qui lui fait perdre sa thèse, j'avais d'abord pensé à Denis Balbir, mon commentateur préféré. Parce qu'il n'était pas libre, j'ai du me rabattre sur sa fille, Alka, qui m'a donné pleine satisfaction. Il est peu dire que je l'ai échappé belle.

Dans votre film vous abordez le sujet des streakers, pourquoi cet hommage à ces gens qui bravent l'interdit en courant tout nu ?
Le streaking, même s'il a été observé au tennis ou au golf, fait partie intégrante de la culture footballistique. Le streaker (ou la streakeuse) est la figure même du marginal. Ayant fait voeu de pauvreté, il vient rappeler aux nantis du football le bonheur de ne rien posséder.

Pourquoi les meilleurs films sur le foot sont ceux où on voit le moins de scènes de jeu ?
Pour une raison simplement technique. Les meilleurs comédiens sont en général de piètres joueurs de football. L'inverse est vrai aussi.

Si vous deviez faire un film entièrement dédié au football, quel sujet souhaiteriez-vous aborder ? 
Plusieurs possibilités. Soit un film catastrophe en 3D sur le drame du Heysel. Soit un blockbuster hollywoodien sur la demi-finale France-RFA de Séville, avec Johnny Depp dans le rôle de Didier Six et Whoopi Goldberg dans celui de Schumacher. Soit enfin, un film intimiste sur Jérôme Rothen, truffé de faux-raccords. De toute façon, je suis un réalisateur moderne, je m'adapte à tous les styles de jeu.

Dernière question : pour ou contre le retour du but en or, histoire de mettre un peu plus de suspense ?
Pour. Et pour toujours plus de spectacle, j'irai même plus loin en instaurant la règle du but en titanium. L'auteur d'un but décisif au cours des prolongations provoque à la fois la fin du match et la fin du monde.

A voir : Pour ceux qui veulent voir Benoît Forgeard en vrai; rendez-vous vendredi 6, à Lille, pour une soirée Tatane, en ouverture de la biennale de l'Entorse. Sous le nom de Pascal d'Huez (voir sporterotism.blogspot.com ), il présente avec Fred Poulet la soirée d'inauguration. Featuring Vikash Dhorasoo, Sébastien Martel, Action Discrète...

lundi 12 septembre 2011

Le PLAF aux portes de la finale

Gloire aux foot : malgré des conditions climatiques dantesques, du beau jeu à été proposé lors du premier Challenge Brongniart. Tout le monde était ravi et les organisateurs sont repartis sous les applaudissements de l'ensemble des joueurs, lors d'une très belle haie d'honneur. Merci à tous les participants! 

Après le report du Challenge en décembre dernier, pour cause de neige, c'est cette fois la pluie qui a tenté de nuire au prestigieux tournoi du Père-Lachaise. Malgré les éléments contraires, c'est une série de rencontres de haute volée qui s'est tenu, ce dimanche à Vincennes. 

Quatre équipes étaient annoncées, mais seulement trois se sont affrontées à la plaine du Polygone. La quatrième, les fantasques Moustaches Molles - grands favoris de la compétition - a dû renoncer pour des raisons éthyliques. 

Samedi, 18h08 : les Moustaches Molles préparent leur match. 

C'est donc en ce dimanche 11 septembre 2011, à 13h30, que les hostilités ont débuté. Sous une pluie fine, l'équipe A remporte son premier match, puis le second. Déchaînés, ils sont partout sur le terrain, et semblent jouer à domicile tant la pression leur est étrangère. Le troisième match doit départager l'équipe qui aura l'honneur d'affronter la A en finale. 

C'est finalement l'équipe B, après un match plein, qui se défait de la C (dite "des amis du PLAF"). A sa décharge, celle-ci, composée uniquement de techniciens (de surface, diront les mauvaises langues), n'a pu développer un jeu à la hauteur de son talent. La pluie commence en effet à faire des misères au terrain, alors que l'ambiance du tournoi reste des plus festives. 

Ça rigole bien au Brongniart. 

La finale oppose donc les fulgurants A aux valeureux B. Lors de la poule, les premiers ont vaincu les seconds et partent donc avec un avantage psychologique certain, malgré leur surprise feintée de devoir jouer...une finale. 

Mais le football est un sport fait de rebondissements, et c'est sous une pluie devenue torrentielle que l'arbitre siffle le mi-temps et que les A rentrent aux vestiaires avec deux buts dans la musette. Le stade est médusé, mais le discours du coach Jean-Pierre Pineau fait son effet et l'équipe attaque la seconde mi-temps avec de biens meilleures intentions. Le gardien à casquette, malgré son inexpérience, se met rapidement en évidence, le meneur latino met de la samba dans son jeu et l'ailier PP place quelques jolies banderilles. Lorsque l'égalisation survient à quelques minutes de la fin du temps réglementaire, c'est tout le stade qui explose, ravi du spectacle proposé. 

Malheureusement, le score en reste là et le match se termine à 2-2. La pelouse, devenue piscine, décourage les magnifiques acteurs d'aller aux tirs aux buts : pour la première fois de son histoire, le Challenge Brongniart ne connaîtra pas de vainqueur. 

Même Stéphane Guivarc'h ne s'y serait pas risqué. 

jeudi 21 avril 2011

Paris Tout Foot, Acte II – Sondage

Récompensé de sa bravoure en octobre, le PLAF est repêché au tournoi Paris Tout Foot. La compétition se déroule dimanche, au centre sportif Poissonniers. L'objectif est annoncé : faire mieux que la dernière fois. Pas de fair-play qui tienne.

A un peu plus de 48 heures de l'évènement, nous avons enquêté auprès de nos congénères enterrés au Père-Lachaise: le PLAF peut-il se sortir de la poule? Les résultats du micro-caveau sont édifiants. Petit florilège.



« Le PLAF est une équipe littéralement surréaliste. Je prédis une qualif' de la team . J'ai dit un jour : "nos pieds ne se détachent qu'en vain du sol qui contient les morts"; j'espère que le PLAF me fera mentir ». (Guillaume Apollinaire)

« Je viens voir les entraînements du PLAF tous les weekends. Et je peux vous dire que les chances de l'équipe s'amenuisent comme peau de chagrin, comme qui dirait. J'apporte mon soutien inconditionnel à mon pote Proust, mais ça va être difficile ». (Honoré de Balzac)

« Les mecs vont tout faire péter ». (Louis Auguste Blanqui)

« Je m'en bats les steaks, les gars sont même pas syndiqués. Mais je suis patriote, alors allez le PLAF ». (Henri Krasucki)

« Ça va être le Vietnam, un sacré bourbier, believe me. Le PLAF a peut-être les moyens de s'en tirer, même s'ils ne sont que 8 au début. Je connais pas trop l'équipe, les joueurs parlent pas beaucoup. People are strange ». (Jim Morrison).

« J'aime pas trop le foot, mais j'espère bien voir la bite de Champollion ». (André Bézu)

« Je ne suis pas encore arrivé au Père-Lachaise, mais je connais un peu le PLAF : le dimanche, les clameurs arrivent jusqu'à l'hippodrome de Vincennes! L'équipe est sympa, et de toute manière, ils iront tous au paradis! » (Jean Rochefort)

vendredi 8 avril 2011

La tournée du PLAF

La nuit tombait à peine que déjà sur les terrains s'étiraient les ombres des joueurs Lachaise, qui n'avaient pas pris le soin d'enfiler leur tunique sombre, pour ne pas effrayer d'emblée les nobles sportifs habituels de ce nouveau terrain d'entraînement, déjà tout acquis à la cause du PLAF.

A l'instar du Père-Lachaise, le stade de Championnet est doté de chouettes grilles

Cela commençait pourtant mal pour nos footballeurs : un grand soleil maussade, une tiédeur printanière, des terrains bondés par les cris de joie des sportifs approximatifs. Mais l'heure finit par sonner, le dernier rayon s'éclipsa, respectueux des hommes venus s'entraîner là, loin de la terre natale.

La place n'allait pas tarder à se vider, laissant libre le terrain le moins impraticable pour nos valeureux gaillards, prêts à répondre par l'affirmative aux requêtes incessantes des rares badauds restés ici ; ceux-ci voulaient absolument se mesurer au pourtant incommensurable charisme de nos joueurs, visiteurs d'un soir. Soit, faisons plaisir aux autochtones, qui n'ont après tout pas l'air mauvais bougre, lisait-on dans les yeux des fiers frères plafiens.

Le PLAF entamait ainsi la première partie de sa journée championnesque, sans échauffement ! "Nous laissons cela aux  fébriles qui craignent pour leurs muscles. Nous autres ne comptons pas dessus : n'oubliez pas que c'est l'esprit qui compte, chez nous", commentera plus tard Proust, gardien de but d'un soir.

C'était donc parti, et la foule s'assemblait déjà en masse autour du terrain précairement délimité pour l'occasion, anxieuse du sort de son équipe locale, et déjà fascinée par le toucher de balle de Saqui, la précision diabolique de Champollion, les accélérations de Lacapelle, les interceptions dantesques de Proust ou la dextérité fine de Bernhardt. Le jeu du PLAF est comme un vertige, dans lequel il n'est pas si facile de ne pas tomber.

Généreux, les joueurs du PLAF avaient même accepté dans leur équipe quelques fans : leur façon à eux de parapher quelque autographe, de répondre aux yeux implorants rencontrés aux abords des stades. Oui, quelques privilégiés avaient ce droit de côtoyer les grands noms du football post-moderne, de taper dans la même balle que les joueurs noirs, d'échanger parfois même une passe avec eux, quand ce n'était pas un regard quasi-amical, quasi-complice. Ce soir là, le PLAF a été à la hauteur du premier trophée qui l'a rendu public aux yeux de tous, le trophée du fair-play.

Soucieux donc de politesse, et de ne pas d'emblée ridiculiser les braves gens trop heureux de se confronter à lui, le PLAF poussa l'amabilité jusqu'à volontairement encaisser des buts, que les opposants du soir, touchants de naïveté, ont pris pour un réel motif de satisfaction. Puis après trois buts, on décida enfin de laisser le PLAF vaquer à un entraînement plus secret. Les joueurs du Père-Lachaise, après avoir serré quelques mains enthousiastes, s'en furent sur le terrain d'à côté, laissant là les gentils joueurs habitués du terrain, les coeurs regonflés d'une joie indicible.

À leur tour, surpris du cours du match, les fans voulurent se mesurer au PLAF, pensant détenir la moindre chance de réaliser l'"exploit" de l'équipe locale. Ils n'avaient pas saisi, pauvres d'eux-mêmes, la supercherie de cette défaite feinte, qui dissimulait un élan extraordinaire de générosité. Fatalement, les trois premiers buts, cette fois, ont bien fait frémir leur propre filet. Le PLAF commençait son échauffement. À propos d'échauffement, la déclaration de Proust pris tout son sens lorsque, coup sur coup, au grand dam des supporters, Proust lui-même, sur une interception, puis Lacapelle, dans une énième chevauchée, se blessaient. L'un à la cuisse, l'autre au pied. Au lieu de prendre des nouvelles, les adversaires du soir en profitèrent lâchement pour se venger, après avoir - volontairement peut-être, qui le saurait ? - blessé ces deux adversaires. L'hybris des opposants ressortaient ainsi au grand jour : oubliant toute valeur, tout esprit, allant jusqu'à s'oublier eux-mêmes dans leur soif guerrière de vengeance et de violence, ils cherchèrent à marquer but sur but, dans l'espoir de vaincre l'insubmersible PLAF.

Mais l'équipe de noir vêtue, comprenant trop bien les passions si humaines qui se jouaient là, choisit de laisser venir. Proust, passé provisoirement gardien, Lacapelle, devenu l'espace d'un instant porteur d'eau, les trois membres valides du PLAF décidèrent de donner une leçon de vie à leurs fans de toute heure, qui dans leur furie allaient jusqu'à brûler leurs idoles de toujours. Multipliant les contrôles apprximatifs, les relances en touche, les défenses hasardeuses, le PLAF décida de simuler l'hécatombe, la zizanie presque. Trop heureux, dans leur illusion de maîtrise, les adversaires se virent ainsi offrir une demi-douzaine de buts, ramenant le score à 7-3. Seulement, voyant l'heure tourner, le PLAF décida enfin de se remettre à jouer. L'esprit était en marche ! 

Champollion retrouva sa maîtrise légendaire, Saqui sa totale confiance, et Bernhardt sa précision chirurgicale. Les frappes s'enchaînaient alors sur la cage adverse. Le score n'était plus que de 7 à 6 lorsque Lacapelle décida de revenir à son tour sur le terrain, porter l'estocade finale. "Comme à la belle époque !". Le PLAF n'avait plus qu'à inscrire deux buts supplémentaires, et le tour était joué. Les fans - adversaires d'un moment, revenus à la réalité, sans doute un peu déçus, n'en étaient pas moins fiers de ce qu'il avaient compris ce soir là. Ils se rendirent compte enfin de leur folie, étalée au grand jour, et remercièrent les cinq représentants du PLAF, émus eux-mêmes par la réaction de leurs groupies au coeur tendre. 

Le gardien du terrain, embarrassé de venir interrompre là ce si bel instant footballistique, n'en a pas moins dû suggérer au PLAF l'idée que peut-être, si le PLAF le souhaitait, il lui faudrait rentrer. Compréhensifs, les joueurs s'en irent donc vers d'autres horizons, remerciés chaleureusement par les locaux, qui eux aussi, finalement, comprirent le véritable prix de leur victoire d'avant.

mardi 5 avril 2011

LE TRAIN-TRAIN DE LA VICTOIRE

A l'arrachée, le PLAF l'emporte de nouveau ce weekend, contre une équipe (presque) à sa hauteur. Et monte sur le podium. 

C'est en petit train, et au petit trot, que Champollion, Holgado et Saqui rejoignent le terrain de Polygone, sous la fine pluie dominicale. Proust est à la bourre (il passe son temps à le chercher), Lacapelle un peu moins, l'équipe se met doucement en place. Mais voilà que les guerriers adverses se dressent déjà sur la route du PLAF. Ils sont trois, bientôt cinq, et après une bonne demi-heure de frappes en lulu en guise d'échauffement (on dénombre pas moins de douze araignées tuées sur le coup), la partie peut commencer. 

Ça partait pourtant bien pour Holgado

Experts en stratégie, les plafistes appliquent les consignes du coach à la lettre : une-deux gagnant en pointe pour l'ouverture du score, et en route pour un bétonnage défensif ...  en béton. Malheureusement, Saqui et Lacapelle peinent à trouver leur second souffle, Champollion est en galère, et Proust n'ajuste pas ses relances. Seul Holgado se démène, mais il est seul contre cinq. Résultat : les adversaires du jour mènent 4-1 au bout de 20 minutes de jeu. Le PLAF tangue. 

Mais cette équipe est pleine de ressources, et Proust, d'un tacle désespéré, sort la balle du K.-O. Sur sa lancée, il se met à pilonner la défense adverse, et d'un doublé de 40 mètres, redonne vie à ses coéquipiers. Le score se resserre, le jeu se durcit, et les deux équipes sont au corps-à-corps pendant toute la partie : l'adversaire fait parfois peine à voir en attaque, mais peut se reposer sur un ou deux jours bien formés, qui frappent vite et dur. Pendant ce temps, le PLAF s'en remet aux roulettes de Saqui, à la vista de Champollion et aux déboulés unijambistes de Holgado pour punir les ennemis. 

Bientôt deux heures de jeu, nous en sommes à 8-7 pour les hommes en noir. La pelouse étant aussi désastreuse que l'arbitrage (Holgado en a fait les frais, auto-retournage de cheville à la 47ème), les organismes s'usent et la qualité du spectacle proposé s'en ressent : l'avant-centre adverse rate à peu près tout ce qu'il entreprend, Saqui et son vis-à-vis prennent l'apéro allongés sur la pelouse, Holgado aimante les ballons adverses, bref, les défenses prennent le dessus et même la gonfle se fait chier. Pourtant, sur un but gag, les ennemis du jour égalisent, et le PLAF, piqué au vif, en remet aussitôt une couche : 9-8, puis 9-9, on souffre et on souffle de part et d'autre. Ultime session de pressing du PLAF. De l'aveu des gringos d'en face, les cimetiéristes "caressent la victoire". 


Il s'en faudra d'un rush de Holgado, soudainement remis sur pied, pour que nos héros, fatigués mais heureux, tombent dans les bras de leurs très sympathiques sparring-partners : qu'on se le dise, la victoire est en eux.

lundi 4 avril 2011

HOLGADO : "MON ENGAGEMENT POUR LE PLAF RESTERA INTACT"

Au lendemain d'un match spectaculaire (10-9 pour le PLAF après plus de 10 buts refusés par des arbitres de toute évidence corrompus), le réveil est difficile pour les blackmen. Terre dans les oreilles, piqures de moustiques et crampes sont des petits bobos qui seront vite oubliés. Le cas d'Holgado est malheureusement plus délicat. TEMOIGNAGE.

Après un retour laborieux à son domicile hier soir aux alentours de 19h30, le vaillant Ticky était plutôt confiant. Il y avait certes eu cette 47e minute de jeu où, à la suite d'une intervention hasardeuse dans sa propre surface, il était retombé sur sa cheville sans toucher le ballon (ce que les amateurs du PLAF ne manqueront pas d'apprécier). Grosse douleur et grosse frayeur sur le coup. Mais après 40 minutes passées dans les buts, Holgado se sentait pousser des ailes et repartait à l'assaut de l'adversaire. Et c'est même lui qui donnait la victoire à son équipe à la 153e minute de jeu.

La nuit fut une longue et cruelle épreuve que le doliprane mélangé à l'alcool ne purent améliorer. "J'ai rêvé que je marquais des buts" souligne Ticky au réveil. "J'ai tout donné pour le PLAF. Je ne regrette absolument pas d'avoir continué malgré la douleur même si je suis très déçu de devoir abandonner le PLAF quelques temps. Je sais que n'importe lequel de mes coéquipiers aurait fait de même."

Mais les conséquences sont lourdes et Ticky ne retrouvera malheureusement pas l'entraînement avant 15 jours. Il s'est en effet réveillé avec une cheville qui avait triplé de volume et un joli bleu. "Grosse entorse et ligaments étirés" a dit le médecin.
"Je suis immobilisé 8 jours.... Je vais bien me faire chi... mais mon engagement pour le PLAF restera intact même si je sais que l'équipe va sûrement faire jouer son joker médical pour faire appel à un autre joueur."

Sur le plan personnel, Ticky est confiant : "Cette immobilisation sera sûrement pénible à la longue mais je compte sur le PLAF pour me soutenir. Si Franck Ribéry (un ami du joueur ndlr) a parfaitement surmonté ses difficultés, c'est grâce à l'encadrement du Bayern. C'est dans ces moments-là aussi qu'on construit un grand club." 


L'avenir nous dira si Holgado avait vu juste !

A suivre : le compte-rendu du match 

mardi 8 mars 2011

BRAVO JEUNESSE !

Le Père-Lachaise Athlétic Foot a de nouveau illuminé la prairie de Vincennes ce dimanche après-midi en remportant sa deuxième victoire en seulement quinze jours sur le score sans appel de 10 à 8. Les grincheux auront beau avancer que ce match se jouait à cinq contre cinq, entre membres du PLAF divisés pour l’occasion en deux équipes, il n’en demeure pas moins que les résultats sont là. Indiscutables.
La puissance du Père-Lachaise gonfle jour après jour, inexorable, comme le bouton d’acné sur le front de l’adolescent.

Les progrès sont visibles dans tous les compartiments du jeu. A commencer par la défense. L'énorme Proust s’affirme en véritable patron. C’est désormais lui qui décide du planning et des payes, comme bon lui semble. Cigare à la bouche et pieds sur le ballon, il observe la conjoncture avec optimisme, tablant sur 117% de croissance.



 Sur son côté droit, la comtesse Flahaut n’en finit plus d’étonner. Fine stratège, elle est le chaînon manquant entre Lizarazu et Kasparov. Une sorte de Lizarazov, douée d’un sens du placement si précis qu'il rend tout déplacement superflu.
Le milieu de terrain était autrefois un champ de patates. Aujourd’hui, c’est un domaine où Bonheur et Champollion ont décidé de construire. Villas en petits ponts, manoirs tout en crochets et feintes de tirs, nos deux architectes s’en donnent à coeur joie, et il n’est pas excessif d’affirmer qu’entre leurs pieds, chaque match ressemble à une exposition internationale, avec son pavillon brésilien, son pavillon argentin, tout en marbre (but d'anthologie de Champollion, 48e) et faux-bois (Bonheur simulant des crampes, 90e+1).
Quant au front de l’attaque plafine, comment évoquer les performances de Lacapelle et Saqui sans avoir les larmes aux yeux ? Intenables, se jetant sur tous les ballons, au risque, quelquefois, d’y laisser leur santé (Saqui, double fracture tibia-péroné aux 28e, 61e, et 84e), les deux kamikazes ont offert un spectacle fascinant de violence maîtrisée. Présents sur tous les ballons -y compris ceux maladroitement propulsés sur l’aire de jeu par les "joueurs" des terrains avoisinants- la Cape et le Sac (ainsi qu’on les surnomme dans le milieu) ont brutalisé le concept même du football et repoussé plus d’une fois les lois de la physique. 

Un PLAF renversant.

 Ce commentaire objectif et impartial ne serait pas complet si j’omettais d’évoquer les jeunes du club, Eliott et Eliott, dont c’était hier le baptême du feu. Comptant à peine 18 ans à eux deux, ces deux presque adultes ont étonné par la maturité dont ils ont eu su faire preuve dans les moments cruciaux (8-8 à la 84e), comme par le courage avec lequel ils ont refusé de boire à la bouteille derrière leurs coéquipiers adultes. Mieux encore, ils ont séduit. Un certain style accompagne chacune de leurs prises de balle, un toucher, un sens, un quasi-sentiment. Ce style, c’est le style PLAF. Une façon de jouer au football sans équivalent sur toute la planète, mais aussi une façon de voir la vie, de se vêtir, de causer aux gens, sans aucune idée reçue, ni jugement hâtif.
A travers la présence de ces deux jeunes pousses achetées à prix d’or à leur famille, nombreux étaient ceux qui ont eu, comme moi hier, l’intuition que le Père-Lachaise Athlétic Foot allait devenir éternel et qu’il y aurait encore une équipe de foot quand le cimetière dont il tire son nom aura depuis longtemps disparu.

Les jeunes pousses. Eliott (à gauche). Et Eliott (à droite).

 Plus prosaïquement, on notera l’excellente performance d’Eliott dans les buts (entrée à la 45e), lequel est parvenu à faire oublier le Pasteur Marron, goal titulaire (?) dont les exploits (seulement 12 buts encaissés au Tournoi Paris Tout Foot) sont désormais bien loin.
Pour notre gardien à l’entorse chronique, une seule alternative : Faire preuve d’orgueil et redresser la barre / ou bien faire rétrécir son maillot et le confier à plus méritant.

En attendant la réponse à ce suspense intolérable, les membres du Père-Lachaise Athlétic Foot se préparent à leur prochaine rencontre, dans l'ombre de leur vestiaire sécurisé. 
Approchez l'oreille contre la porte. Entendez-vous ce feulement teinté d'angoisse ?
Ce sont eux, les monstres, qui se massent mutuellement et décuplent leur sudation dans des anoraks spéciaux.


lundi 21 février 2011

Le Père-Lachaise Athlétic rejoue et gagne.

Il n’est pas excessif d’affirmer que les concerts de klaxons ont puissamment animé la nuit de dimanche à lundi, dans le quartier du Jourdain comme dans celui de Gambetta, des alentours de Pelleport aux contreforts de Marcadet, bastions historiques du club, où ils résonnent encore à l’heure où je vous écris.
Trois fourgons de police, dit-on, dépêchés par les forces de l’ordre suite aux plaintes de certains riverains mal informés, auraient été incendiés sans sommations, et un quatrième jeté à la Seine aux cris confus de "Plaf, Plaf, Plaf !"
A l’origine de ce tohu-bohu, -on s’en doute- un nouveau succès du PLAF, qui poursuivait hier après-midi sa série de tests-matchs préparatoires au Challenge Brongniart, dans l’ambiance glauque et ultra-compétitive du Polygone de Vincennes.

Flahaut, à l'abri de sa capuche spéciale

Toute la semaine, les supputations sur l’identité des adversaires appelés à être jetés en pâture à nos chers plafistes, étaient allées bon train, frisant souvent le grand n’importe quoi. Ainsi, avait-on d’abord évoqué la venue d’une sélection France 75, constituée du seul Marius Trésor, pour fêter les 35 ans des Editions Panini, - avant que ne court la rumeur d’un match à huis-clos face à l’équipe réserve du Père-Lachaise, essentiellement composée d’anciens communards.
Enfin, on avait murmuré la possibilité d’un match de charité contre les trois ours blancs du Zoo de Vincennes, match dont les bénéfices seraient directement allés à la restauration de l’enclos des gnous.
Fi de fantasmes ! Plutôt que de verser dans le battage médiatique et creux, plutôt que se faire mousser, les joueurs du Plaf ont préféré la discrétion d’un match contre des anonymes, anciens footballeurs du samedi passés footballeurs du dimanche : une équipe de mercenaires, de durs à cuire, d’anciens bannis, une équipe de joueurs jamais descendus du car, une équipe de suspendus à vie jouant pour la plupart avec un bracelet électronique.
Pour compléter les lignes, les plafistes Lacapelle et Proust, abandonnant la tunique noire carbone, ont momentanément accepté de passer à l’ennemi, trouvant là l’opportunité de connaître l’échec et de travailler un peu leur humilité. Ce qui est tout à l’honneur de ces deux traîtres.

Les jambes éprouvées de Lacapelle

 Sur un terrain parfaitement moisi, les choses semblèrent d’abord compliquées pour l’équipe de la mort. Colmatant difficilement les brèches sur son flanc droit, elle souffrit, salit son short, encaissa, mais sans jamais rompre, faisant jouer l’adversaire (82% de possession de balle) pour mieux l’user à son insu. Ainsi, avec ces diables de joueurs, le piège se referme-t-il comme la dalle sur le caveau du chanteur à succès. Vous pensez avoir le match en mains, mais vous voilà déjà avec le souffle court et la main crispée sur la poitrine, taraudé par une douleur qui irradie. Le temps d’acheminer le défibrillateur, il est déjà trop tard. A six reprises, par l’intermédiaire, entre autres, de Wilde -intéressant pour son retour-, du capitaine Saqui -enfin retrouvé-, ou encore de Holgado – vif et disponible- les filets adverses ont tremblé, ramenant les plafistes de 2-5 à 6-5, score final du match.

Très sollicité, Bonheur boit la sueur de ses adversaires

 Ce matin, les satisfactions abondent, au point qu’il est difficile d’en dresser la liste.
De l’attaque à la défense, tous les chantiers progressent et on a vu, hier, apparaître un véritable système de jeu, comme à l’échographie, avec ses petits bras en forme de crochets, et ses petits pieds pour tacler. Dans cet édifice -que ne renierait pas l’architecte Brongniart- chacun trouve sa place. Chacun est complémentaire de l’autre. Le Père-Lachaise Athlétic n’est plus une addition de brillants macchabées, mais bel et bien un mausolée. Le tibia soutient le péroné, qui lui même épaule le fémur.
A partir de ce constat, tous les espoirs sont permis. Et l’on regrettera simplement que les absences répétées du Pasteur Marron et de Sarah Bernhardt ne les repousse désormais à un niveau trop faible pour pouvoir embarquer à bord du vaisseau Succès.

La semaine prochaine, back to Vincennes, où le PLAF se mesurera à une sélection du cimetière de Montmartre, sous l’arbritrage de monsieur Charles Baudelaire.

lundi 14 février 2011

Père-Lachaise not dead.

Il était un peu plus de 15h, hier après-midi, lorsque les différentes parties en cours sur les terrains du Polygone de Vincennes se sont subitement arrêtées. Les valeureux joueurs du Père-Lachaise Athlétic Foot traversaient l'aire de jeux pour se rendre à la lisière du bois, sur la zone qui leur avait été réservée par le Ministère des Sports, et tous les regards tournés vers eux semblaient dire : « Ce sont eux ! », « Les voilà ! », « Mazette, si seulement j'étais meilleur, je pourrais moi aussi prétendre à faire partie de cette équipe ! ».

Les victimes expiatoires du jour constituaient un agglomérat plus ou moins grumeleux de joueurs de la Fanatics, mélangé à la crème de l'est parisien. Ainsi, c'était, tout additionnées, pas moins de 18 saisons en club (dont une en promotion d'honneur), qui se dressaient devant nos plafistes, lesquels avaient eux-mêmes composé la liste de leurs adversaires, selon les points à travailler (essentiellement la défense). Quelque soit le résultat -anecdotique*- de cette rencontre, il faut saluer la générosité avec laquelle nos opposants, nullement impressionnés malgré leurs maillots dépareillés, ont -deux heures durant- joué les sparring-partners courageux, martelant les points supposés faibles du PLAF (circulation, conservation, repli défensif, côté droit, côté gauche, axe...), afin de nous offrir un entraînement riche en enseignements et nous permettre d'y voir plus clair sur le travail restant à accomplir (ou non).

Le gardien Holgado récupère le ballon au milieu du terrain.

Ne nous voilons pas la face. S'il y eut quelques déceptions – le gardien, Pasteur Marron, blessé à la cheville dès la première minute du match, tandis qu'il allait récupérer le ballon coincé dans un arbre- le bilan est très largement positif. De l'avis des nombreux observateurs réunis hier sur le bord de touche, les Plafistes ont encore une fois régalé tous ceux qui ne se satisfont pas du foot-spectacle. Ici, pas d'esbrouffe, pas de bicyclette à la Rooney, mais un jeu tout en tactique et perte de balle volontaire, terriblement désarmant pour l'adversaire, qui eut les pires difficultés à ne pas tomber dans le piège.
Le PLAF produit un football prodigieusement en avance sur son temps. Nulle pression physique, nulle agressivité, mais au contraire, l'assurance nonchalante et le flegme diabolique du joueur d'échecs. Ainsi, parmi les hommes au maillot noir, n'hésite-t-on jamais à sacrifier un joueur, voire deux, puis trois, pour obtenir une touche, en apparence -mais en est-on bien certain ?- sans danger.
Bien sûr, cette façon de jouer -encore inédite en France et dans le monde-, cette manière si personnelle de progresser par à-coups en donnant à l'adversaire la vertigineuse impression que nous reculons- nécessite encore quelques réglages. Tout n'est pas au point, et c'est tant mieux, car le jour où l'incroyable énergie d'un Proust ou d'un Holgado (également auteur d'un très bel intérim dans les buts) fusionnera avec la redoutable technicité d'un Bonheur (encore trois petits ponts hier) ou d'une Flahaut, on se demande bien qui acceptera de jouer contre le Père-Lachaise ! Mais chaque problème en son temps. Pour l'instant, les adversaires ne manquent pas. On peut même dire qu'ils se bousculent au portillon du cimetière.

Bonheur ratant d'un rien le but du K.O.

Suivant une courbe parfaitement inverse à celle de leurs rivaux, les Plafistes ont semblé de mieux en mieux à mesure que le match avançait. Au bout de deux heures de jeu, ils parurent même sur le point de prendre l'ascendant, lorsque les Fanatics -de façon moyennement fair-play, mais chacun appréciera- ont prétexté l'arrivée de la nuit pour prendre congé. Qu'à cela ne tienne, vainqueurs moraux, les joueurs du PLAF pouvaient quitter Vincennes sous les clameurs, satisfaits de leurs nombreuses avancées du jour – à commencer par les corners, traditionnel point faible du groupe, en passe de devenir leur principal atout.

Laissant les étirements d'après-match à d'autres, le PLAF se rentra, homogène et uni jusqu'à la bouche de métro. Ravis mais heureux, il était alors temps de reposer les organismes, doublement sollicités pendant le week-end. En effet, le samedi soir avait vu passer la fête d'anniversaire de Holgado, laquelle s'était conclue dimanche en matinée, au commissariat du seizième, où plusieurs de nos membres ont été entendus pour exhibitionnisme physique et mental.

 Capitaine Saqui, globalement satisfait.

Prochain rendez-vous dimanche prochain à Vincennes, où nos footballeurs favoris affronteront cette fois la redoutable équipe des jeunes du collège spécialisé Louis Braille.
A vos pronostics !





*8-0 en faveur des Fanatics.

samedi 18 décembre 2010

REPORT DU BRONGNIART

A qui profite le crime ? 
Dans le calme apaisant d'une matinée de neige, la question déchire le silence comme un tacle par derrière de M.Proust rattrapant de justesse le temps perdu.

Arrivée la première, tôt ce matin, au complexe sportif du Polygone pour organiser les festivités qui s'annonçaient grandioses, l'équipe du Père-Lachaise n'a pu que constater l'impraticabilité des terrains et reporter le Challenge Brongniart à une date ultérieure. Pourquoi se revers ?
Est-ce un sale coup de Noël, le Père concurrent, qui commence à tirer la couverture à lui à une semaine de son entrée en jeu ? Est-ce la jalousie des équipes n'ayant pu s'inscrire au Challenge dans les temps ?

Bien loin du Père-Lachaise l'idée d'accuser quiconque à l'emporte pièce, sans preuve tangible. Notons simplement qu'une fuite publiée récemment sur Wikileaks mentionne qu'une vente secrète de "rain bomb" - ces fusées chargées de produits chimiques qui, une fois libérés dans un nuage, le dissolvent en provoquant la pluie - entre le Comité Olympique de Pékin et un mystérieux "consortium parisien" a eu lieu en début de semaine.

Alors que l'élection du président de la FFF, ce navire malade toujours balloté dans la tempête Knysna, avait lieu aujourd'hui, Monsieur Duchaussoy aurait-il eu peur de la concurrence du Challenge Brongniart ? Aurait-il voulu éviter que la presse et les amateurs de vrai football s'amassent au bord des terrains du Polygone plutôt que devant Eurosport annonçant en boucle sa reconduction ?
D'après l'expert Météo France en Chine que nous avons réussi à contacter ce matin, une "rain bomb" pouvant très bien "provoquer une averse de neige très intense mais très courte comme il s'en est abattu une sur Paris hier aux alentours de 18h30", les inconnues de notre équation se dévoilent peu à peu.

Quoiqu'il en soit, le Challenge Brongniart n'est pas mort, comme le PLAF il se relèvera et parions que dès le premier trimestre 2011 il aura bien lieu. Peut-être même dans une version élargie : une nouvelle année, de nouvelles équipes, de nouvelles ambitions !

Enfin, en guise de conclusion, saluons nos meilleurs ennemis de la Sangria d'Eugène, motivés plus que jamais à l'idée de participer au Challenge et qui nous ont plus d'une fois encouragés durant cette aventure. 

lundi 6 décembre 2010

LE PLAF À DEUX SEMAINES DU CHALLENGE BRONGNIART

Que fait un joueur du Père-Lachaise quand il ne joue pas au foot ?
Rien. A moins qu’il ne soit en train d’aller chercher le ballon, momentanément passé par-dessus le grillage. Comme Saqui, dès le mois d’août, comme Marron, comme Bonheur plus récemment, ils sont nombreux à avoir cessé toute activité professionnelle afin de mieux servir les intérêts de l’équipe. Ces décisions, puissantes, osées, - que certains jaloux se plaisent à qualifier d’imbéciles- n’ont pas toujours été faciles à prendre. Lacapelle, pour ne citer que lui, disposait d’une place enviée d’ingénieur en placements, au sein du géant suisse Borsch&Weissman. Du jour au lendemain, sous l’ivresse d’un but hors-jeu marqué à l’entraînement, il a collé sa démission à son état-major médusé, sans même consulter ses proches.
Aujourd’hui, heureux bénéficiaire du RSA, il occupe son temps à remodeler son fessier, affaibli par des années de travail en bureau surchauffé. Libre, il bénit le jour où il a osé franchir le pas. "J’étais toujours entre deux aéroports, confie-t-il, j’avais même Bono au téléphone. Aujourd’hui, c’est plus relax. Avec le Père-Lachaise, je m’éparpille moins. C’est un vrai projet. Après, bien sûr, ce serait bien que les résultats viennent."
Même histoire pour Holgado, pilote de ligne à la Lufthansa, qui a choisi de tout plaquer.
Il raconte : "Ça ne ressemblait plus à rien. J’étais dans le cockpit, mais en fait, je n’y étais pas. Je m’imaginais sur le terrain avec mes copains du Plaf. Ça devenait limite dangereux pour les passagers. J’ai préféré faire le grand saut. Et tant pis sa ma femme n’a rien compris. Si l’on fait un résultat au Brongniart, je vous parie qu’elle reviendra."
Dorénavant, il occupe ses après-midi à peaufiner la modélisation 3D des joueurs du Plaf, en vue d’élaborer un ambitieux système de mise au point tactique, massivement multi-joueurs.

Bien qu’il soit crucial d’en dire le moins possible, au risque de livrer des informations précieuses à nos adversaires (dont nous savons qu’ils lisent ce blog), rassurons d’emblée les fans : à l’approche du Tournoi qu’il organise suivant ses propres règles, le Père-Lachaise Athlétic Foot va bien. Même s’il est en proie au doute.
Le dilemme des joueurs en dit long sur leur implication. Si nous sommes à deux semaines du Challenge Brongniart, nous ne sommes plus qu’à trois semaines de Noël, et à un petit mois du Jour de l’An. Or, en prévision de ces différents rendez-vous, faut-il perdre ou gagner du volume ? Se constituer une bouée solide qui permettra d’aller y puiser des forces ou au contraire, tenter d’alléger la masse ?
Au bar du Morrison, QG de l’équipe, le débat fait rage et l’on ne parvient pas à se décider, si bien qu’on fait un peu n’importe quoi avec la nourriture. Tantôt, on se baffre comme des andouilles, tantôt, sur la foi d’un article trouvé sur le comptoir, on se serre la ceinture et l’on dîne d’une camomille. Tout ceci rend nerveux les joueurs, dont six au moins, hier soir, ont tenté d’en venir aux mains, sans toutefois provoquer de contusions graves.
Sur le plan des blessures, justement, la situation, sans être critique, est alarmante. Le mollet de Proust est toujours en délicatesse, de même que le dos de Flahaut, courbaturé au dernier degré des suites d’une mauvaise position prise pendant l'amour. Le pasteur Marron, pour avoir trop souvent prêté ses gants aux gardiens adverses, a contracté une mycose des phalanges, qui lui rend toute prise de balle impossible autrement qu’avec les cuisses. Enfin, comme si la coupe n’était pas assez pleine, on compte aussi trois cas de ballonnements, deux boutons, et une perte de charisme.
Sachons cependant relever la tête et regarder au loin. Souvent revenus de tout, les joueurs du Père-Lachaise ne craignent rien, sinon, peut-être, l’humidité qui fait pousser la mousse le long des caveaux mortuaires et des protège-tibias. Alors ? Morts, les joueurs du Plaf ? Voilà une rumeur à laquelle ils promettent de tordre le cou.



lundi 8 novembre 2010

SAQUI, CAPITAINE AD HOC

Le ciel n’en finit pas de pleurer depuis la dernière sortie du PLAF et la coupe du fair-play vaillamment remportée ce jour-là est plus que pleine, comme un symbole de la motivation débordante qui anime le Père-Lachaise Athletic. Néanmoins, c’est au sec et dans la chaleur du café Deauville de la rue Pixerécourt que nous retrouvons Saqui. Le jeune et déterminé capitaine du PLAF se donne une saison pour trouver l’alchimie qui métamorphosera cette « somme d’individualités fortes qui se connaissent peu ou prou et dont beaucoup viennent de milieux et d’époques différentes, en une équipe d’enragés ».

Entre convivialité et compétitivité, rencontre avec un homme en équilibre sur une corde raide.



« Je ne suis pas un aboyeur »

Placé à la pointe de l’attaque sur le terrain, le capitaine Saqui sait qu’on l’attend dans un rôle plus central en dehors du pré. Maestro du vestiaire, gourou du PLAF Events & Communication, il se décrit lui-même comme un médiateur historique dont le rôle premier est de mettre de l’huile dans les articulations de ses joueurs parfois rouillées par des décennies d’inactivité forcée. Il s’acquitte de cette tâche avec plaisir : « Je dois aussi bien être la pierre de Rosette de Champollion que la madeleine de Proust », souffle-t-il.      

« Un but c’est une construction sociale »

A l’aise avec les mots, ses petites phrases connues au sein du groupe sous le nom de « formules Saqui » font toujours mouche. Ce n’est pas le cas de ses frappes, diront les détracteurs du PLAF – s’il y en a – mais le capitaine ne se formalise pas de ce constat qui n’est que le versant le plus accessible de la réalité : Saqui n’aime pas tant marquer que voir ses coéquipiers le faire. Il aime la célébration du collectif que sanctifie un ballon brossé giflant les filets du but adverse. Comment lui en vouloir ? 

« La compétition c’est le moteur du plaisir et l’essence c’est la condition physique »

Malgré ces bons sentiments, personne n’aura la naïveté de croire que le seul fair-play et quelques une-deux à l’échauffement, même parfaitement exécutés, puissent satisfaire l’appétit du PLAF. En capitaine d’expérience, Saqui a conscience de l’importance de la victoire dans la construction d’un groupe et, quand on aborde la question des résultats, les crocs du compétiteur pointent, acérés, derrière le sourire rassurant du manager : « Tous les joueurs méritent leur place au PLAF … mais ça peut être une place assise ». Au Père-Lachaise, si les bons sentiments ressuscitent le groupe, ils restent au vestiaire jusqu’au coup de sifflet final.

« Madame Saqui était proche de l’empereur, moi je le suis de mes joueurs »  

Avant de nous quitter pour aller consulter les dernières réponses aux sondages Doodle qu’il organise régulièrement pour planifier les futurs rendez-vous du PLAF, « le Cap'taine » nous assure que son leadership ne cache aucune ambition personnelle déguisée. Si Madame Saqui, en son temps, fricotait avec les puissants, le Saqui d’aujourd’hui est « un capitaine par défaut » fidèle à son serment d’intronisation : il est là pour le plaisir. Et avant tout pour celui des autres.

dimanche 31 octobre 2010

PREMIÈRE VICTOIRE POUR LE PLAF

Il était près de onze heures, ce samedi 30 octobre, quand le Père-Lachaise Athlétic Foot a achevé de mettre à mort la vaillante équipe de Crimée 51, par un pénalty tout en roublardise transformée par Sarah Bernhardt. Le score final (3-1) reflétait justement la domination des plafistes sur leurs adversaires, bien contents de s'en tirer à si bon compte.
Que les joueurs de Crimée aient joué ce match à 6 contre 7 – l'un des leurs leur ayant fait faux bond- n'altère en rien le résultat du Plaf. On sait à quel point il peut être éprouvant de combattre un adversaire inférieur en nombre, surtout quand -comme c'était le cas- il se sait déjà qualifié pour le tour suivant.
Malgré ces conditions pas évidentes et une météo épouvantable, les plafistes, fidèles à leurs valeurs, se sont montrés intraitables de bout en bout.
S'appuyant sur une défense en bois brut, jamais véritablement en danger, le milieu de terrain n'a eu de cesse de distiller des ballons souvent bouillants aux attaquants, guêpes insaisissables, toujours disponibles pour un sprint. 
Tandis que se déployait en tribune l'imposant tifo du PLAF, le harcèlement perpétuel de la défense crimoline faisait peine à voir. Elle aboutit logiquement à un premier but de Wilde, parti seul en contre (6è).
En fin de match -après une égalisation contre le cours du jeu- les plafistes corsaient l'addition par deux fois. D'abord, sur une chevauchée de Champollion (9è), puis, pendant le temps additionnel, sur un pénalty flagrant, réussi par S.Bernhardt (12è). Séduit, l'arbitre sifflait néanmoins la fin de la rencontre, au grand soulagement des joueurs de Crimée, jusqu'ici guère habitués à pareil traitement. Il ne leur restait plus qu'à serrer dignement la main de leurs bourreaux, à peine essoufflés.

Les notes :
Marron : 8
Bonheur : 7
Champollion : 8
Saqui : 7
Holgado : 7
Wilde : 7,5
S. Bernhardt : 8
Lacapelle : 7
Proust : 7

On notera -pour l'anecdote- que les trois premières rencontres du PLAF s'étant soldées par autant de défaites, (0-3) contre la New Team, (1-2) contre le Pershing FC, puis (1-4) contre la Sangria d'Eugène, l'équipe au maillot noir a fini bon dernier de sa poule, et doit dire adieu au Paris Tout Foot, tournoi pour lequel elle avait été créée.
Qu'à cela ne tienne, les vaillants joueurs du Père-Lachaise Athlétic Foot rentrent couronnés du prix du fair-play (le pasteur Marron ayant eu la bonne idée de prêter systèmatiquement ses gants aux goals des autres formations). Conscients de leur valeur, ils savent désormais qu'ils sont les heureux propriétaires d'une puissance folle, qui ne demande plus qu'à être débridée.
« Quelque chose vient de se libérer. Quelque chose d'énorme », confiait le capitaine Saqui dans le vestiaire, tandis qu'il retirait son short.

Prenons-le au mot et parions sans crainte que le PLAF devrait être l'équipe à battre des tournois en salle du prochain hiver.