samedi 18 décembre 2010

REPORT DU BRONGNIART

A qui profite le crime ? 
Dans le calme apaisant d'une matinée de neige, la question déchire le silence comme un tacle par derrière de M.Proust rattrapant de justesse le temps perdu.

Arrivée la première, tôt ce matin, au complexe sportif du Polygone pour organiser les festivités qui s'annonçaient grandioses, l'équipe du Père-Lachaise n'a pu que constater l'impraticabilité des terrains et reporter le Challenge Brongniart à une date ultérieure. Pourquoi se revers ?
Est-ce un sale coup de Noël, le Père concurrent, qui commence à tirer la couverture à lui à une semaine de son entrée en jeu ? Est-ce la jalousie des équipes n'ayant pu s'inscrire au Challenge dans les temps ?

Bien loin du Père-Lachaise l'idée d'accuser quiconque à l'emporte pièce, sans preuve tangible. Notons simplement qu'une fuite publiée récemment sur Wikileaks mentionne qu'une vente secrète de "rain bomb" - ces fusées chargées de produits chimiques qui, une fois libérés dans un nuage, le dissolvent en provoquant la pluie - entre le Comité Olympique de Pékin et un mystérieux "consortium parisien" a eu lieu en début de semaine.

Alors que l'élection du président de la FFF, ce navire malade toujours balloté dans la tempête Knysna, avait lieu aujourd'hui, Monsieur Duchaussoy aurait-il eu peur de la concurrence du Challenge Brongniart ? Aurait-il voulu éviter que la presse et les amateurs de vrai football s'amassent au bord des terrains du Polygone plutôt que devant Eurosport annonçant en boucle sa reconduction ?
D'après l'expert Météo France en Chine que nous avons réussi à contacter ce matin, une "rain bomb" pouvant très bien "provoquer une averse de neige très intense mais très courte comme il s'en est abattu une sur Paris hier aux alentours de 18h30", les inconnues de notre équation se dévoilent peu à peu.

Quoiqu'il en soit, le Challenge Brongniart n'est pas mort, comme le PLAF il se relèvera et parions que dès le premier trimestre 2011 il aura bien lieu. Peut-être même dans une version élargie : une nouvelle année, de nouvelles équipes, de nouvelles ambitions !

Enfin, en guise de conclusion, saluons nos meilleurs ennemis de la Sangria d'Eugène, motivés plus que jamais à l'idée de participer au Challenge et qui nous ont plus d'une fois encouragés durant cette aventure. 

lundi 6 décembre 2010

LE PLAF À DEUX SEMAINES DU CHALLENGE BRONGNIART

Que fait un joueur du Père-Lachaise quand il ne joue pas au foot ?
Rien. A moins qu’il ne soit en train d’aller chercher le ballon, momentanément passé par-dessus le grillage. Comme Saqui, dès le mois d’août, comme Marron, comme Bonheur plus récemment, ils sont nombreux à avoir cessé toute activité professionnelle afin de mieux servir les intérêts de l’équipe. Ces décisions, puissantes, osées, - que certains jaloux se plaisent à qualifier d’imbéciles- n’ont pas toujours été faciles à prendre. Lacapelle, pour ne citer que lui, disposait d’une place enviée d’ingénieur en placements, au sein du géant suisse Borsch&Weissman. Du jour au lendemain, sous l’ivresse d’un but hors-jeu marqué à l’entraînement, il a collé sa démission à son état-major médusé, sans même consulter ses proches.
Aujourd’hui, heureux bénéficiaire du RSA, il occupe son temps à remodeler son fessier, affaibli par des années de travail en bureau surchauffé. Libre, il bénit le jour où il a osé franchir le pas. "J’étais toujours entre deux aéroports, confie-t-il, j’avais même Bono au téléphone. Aujourd’hui, c’est plus relax. Avec le Père-Lachaise, je m’éparpille moins. C’est un vrai projet. Après, bien sûr, ce serait bien que les résultats viennent."
Même histoire pour Holgado, pilote de ligne à la Lufthansa, qui a choisi de tout plaquer.
Il raconte : "Ça ne ressemblait plus à rien. J’étais dans le cockpit, mais en fait, je n’y étais pas. Je m’imaginais sur le terrain avec mes copains du Plaf. Ça devenait limite dangereux pour les passagers. J’ai préféré faire le grand saut. Et tant pis sa ma femme n’a rien compris. Si l’on fait un résultat au Brongniart, je vous parie qu’elle reviendra."
Dorénavant, il occupe ses après-midi à peaufiner la modélisation 3D des joueurs du Plaf, en vue d’élaborer un ambitieux système de mise au point tactique, massivement multi-joueurs.

Bien qu’il soit crucial d’en dire le moins possible, au risque de livrer des informations précieuses à nos adversaires (dont nous savons qu’ils lisent ce blog), rassurons d’emblée les fans : à l’approche du Tournoi qu’il organise suivant ses propres règles, le Père-Lachaise Athlétic Foot va bien. Même s’il est en proie au doute.
Le dilemme des joueurs en dit long sur leur implication. Si nous sommes à deux semaines du Challenge Brongniart, nous ne sommes plus qu’à trois semaines de Noël, et à un petit mois du Jour de l’An. Or, en prévision de ces différents rendez-vous, faut-il perdre ou gagner du volume ? Se constituer une bouée solide qui permettra d’aller y puiser des forces ou au contraire, tenter d’alléger la masse ?
Au bar du Morrison, QG de l’équipe, le débat fait rage et l’on ne parvient pas à se décider, si bien qu’on fait un peu n’importe quoi avec la nourriture. Tantôt, on se baffre comme des andouilles, tantôt, sur la foi d’un article trouvé sur le comptoir, on se serre la ceinture et l’on dîne d’une camomille. Tout ceci rend nerveux les joueurs, dont six au moins, hier soir, ont tenté d’en venir aux mains, sans toutefois provoquer de contusions graves.
Sur le plan des blessures, justement, la situation, sans être critique, est alarmante. Le mollet de Proust est toujours en délicatesse, de même que le dos de Flahaut, courbaturé au dernier degré des suites d’une mauvaise position prise pendant l'amour. Le pasteur Marron, pour avoir trop souvent prêté ses gants aux gardiens adverses, a contracté une mycose des phalanges, qui lui rend toute prise de balle impossible autrement qu’avec les cuisses. Enfin, comme si la coupe n’était pas assez pleine, on compte aussi trois cas de ballonnements, deux boutons, et une perte de charisme.
Sachons cependant relever la tête et regarder au loin. Souvent revenus de tout, les joueurs du Père-Lachaise ne craignent rien, sinon, peut-être, l’humidité qui fait pousser la mousse le long des caveaux mortuaires et des protège-tibias. Alors ? Morts, les joueurs du Plaf ? Voilà une rumeur à laquelle ils promettent de tordre le cou.