mardi 17 avril 2012

La mi-temps c'est maintenant !

Vincennes, dimanche 16 avril 2012. Il est environ 17h lorsque monte des tribunes une marseillaise toute enjouée et à la limite des larmes devant tant d'audace, de conviction, de pugnacité. Point de promesses non tenues, les joueurs du Père-Lachaise avaient mis les points sur les i : « Nous savons la tâche qui nous attend, nous nous y sommes préparé depuis plus longtemps qu'on ne le croit » lâchait ainsi le directeur de campagne du PLAF, accessoirement aussi son capitaine, Saqui.

George est de sortie : il fait un temps de chien

Saqui justement … Il fut un peu à ce dimanche ce que Laurent Blanc fut à la finale de la coupe du monde de 1998, le grand absent, la poutre maîtresse sur laquelle la maison PLAF sait s'appuyer dans les bons comme dans les mauvais moments. Alors que ses coéquipiers entraient dans l'arène, d'aucun l'aurait vu lâcher une petite larme. 

La réaction de l'équipe, qui vient d'apprendre que Saqui ne jouerait pas le match

Des engagements responsables, des engagements forts, voilà ce que les dizaine de milliers de supporters venus à Vincennes ce jours-là réclamaient du bout des lèvres. C'est Bonheur qui les libéra. Alors que les rumeurs les plus folles l'envoyaient jouer du côté du Cimetière de Lille l'année prochaine (on l'aurait même aperçu signer des autographes à des supporters il y a peu), le robuste milieu de terrain déclamait : « La route est droite, mais la pente est raide, et le PLAF n'amasse pas mousse ». Les adversaires du jour étaient prévenus : avant le second, il y aurait un premier tour, âpre et rude à disputer.

Bonheur prend le meilleur sur Andy-Yves Caroll

Les adversaires du jour se présentaient dans leur composition type, en 1-2 (variable)-1-1 (un peu sur la gauche)-2 (3 en fonction). Les joueurs du PLAF décidaient d'entrer piano piano dans la campagne. Pas de grand soir, pas de grandes chevauchées, pas de grandes passes, pas de grandes actions, pas de grands buts, le PLAF décidait de la jouer pragmatique, gestionnaire, Milan AC et Alain Minc. « Les joueurs n'ont pas de caisse ? Qu'importe, il paraît qu'elles sont vides ». 

Deux manières de renflouer les caisses : ramasser les pièces jaunes ou les recueillir

En joueur de conséquence, le capitaine-coach-président-manager Saqui décidait donc d'organiser son équipe dans son dispositif le plus redoutable et le plus redouté, le fameux 6-1. « Vous n'avez pas vu la finale d'Amsterdam ? C'est la soufflante que met Federer à Del Potro en finale et dès le premier set s'il vous plait ! » s'exclamait le coach. Tactique payante, le PLAF ne prenait que trois buts en première mi-temps et regardait ses adversaires s'essouffler.

Un but de l'équipe d'en face

Après la rigueur, la relance, le PLAF se prenait en main et décidait de la jouer à J.M. Keynes (JMK7), le grand attaquant du Cambridge FC des années 30. Champollion se mit alors à alterner avec grâce et malice des parades décisives et des chevauchées solitaires, Lacapelle redevint la plaque tournante, le pivot qu'il fut ces derniers mois, et Flahaut gratifiait les fans de débordements digne de la célèbre goutte d'eau. Proust taclait comme jamais et affichait une statistique hallucinante : plus de 8% de tacles réussis. Les mouvements se faisaient plus fluides, plus féériques, et ramenaient le PLAF à 4-3, ou 3-4.

Attention talent : les néo-plafistes savent donner le score en langage des signes

La marseillaise atteint alors son paroxysme non loin de là. Mais par une décision arbitrale abracadabrantesque, un but sur le poteau fut injustement refusé aux vaillants du jour. L'équipe adverse (dont un joueur ou deux auraient tapé dans l'œil du recruteur plafiste) profitait lâchement de la collation du PLAF pour inscrire deux buts et décider arbitrairement de promouvoir les prolongations zéro. Les joueurs du PLAF ayant rajouté un bien pieux pion par Proust à la 117e minute, le tableau d'affichage affichait un assez noble 60%-40%.

Champollion s'apprête à tirer un penalty décisif sur le poteau

Saqui ne s'en cachait pas. Attendre à nouveau 5 ans pour revivre un tel moment sera pénible. Mais le sage capitaine, Premier ministre du PLAF à sa façon et admirateur de Jean-Pierre Raffarin concluait en citant son maître : « Merci de nous montrer que la victoire n'est pas facile, qu'elle se gagne étable par étable, commune par commune ». 

Prends en de la graine Xavier Gravelaine !

vendredi 6 avril 2012

Bonheur : "Pour le but en titanium"

En pleine bourre sur les terrains comme en dehors, Bonheur démontre qu'on peut avoir une bonne tête de joueur en étant un bon joueur de tête. 
Nous publions en intégralité l'interview qu'il donne à SoFoot du mois d'avril : 

Dans son film "Réussir sa vie", en salles depuis mercredi, Benoît Forgeard réunit 3 courts-métrages complétement barrés. Le premier , "La course nue", raconte l'histoire d'une fille qui joue les streakeuses au Stade de France, en plein match de foot, pour son opérateur télécom à qui elle doit des ronds. Si le deuxième parle d'un ex-taulard reconverti en songwriter pour Alain Souchon, le troisième court-métrage lui convoque Alka Balbir, fille de... Preuve que le football inspire Benoît Forgeard. Alors que ce joue ce week-end PSG/OM, l'occasion était parfaite pour parler foot avec lui. Propos recueillis par David Sfez.

Un pronostic pour ce PSG/OM, importantissime pour les Parisiens ?
Foutu pour foutu, l'OM pourrait prendre un malin plaisir à faire chuter le PSG, pas bien en point ces derniers temps. Ça me fait mal au bide de pronostiquer ça, mais je dois me rendre à l'évidence. 2-1 pour l'OM. CSC de Pastore dans les arrêts de jeu.

Comment êtes vous devenu supporter du PSG ?
Un Paris SG-Lokomotiv Sofia, à l'automne 1982. Quelque chose comme 5-1 pour Paris, avec un fantastique Michel N'Gom. Quelques mois plus tôt, c'est la victoire en coupe de France, pour le dernier match de Platini avec l'ASSE.

Un avis sur le PSG made in Qatar ?
C'est comme toucher un héritage, non ? Ou comme frotter une lampe à huile dans les vestiaires d'un club moyen de ligue 1 et de voir apparaître un génie. Je suis plutôt pour. Paris est, de toutes façons, la ville de toutes les aventures.

Le joueur qui vous a le plus impressionné ou décu cette saison ? 
Qui m'a le plus enthousiasmé : Peguy Luyindula, pour son absence de combativité, qui évoque le Gandhi des grandes heures. Le plus déçu : Ronan Le Crom. Toujours aucune parade décisive.

Meilleur souvenir en tant que supporter du PSG ?
Le but d'Antoine Kombouaré contre le Real en 1993 en Coupe de l'UEFA. Le hic c'est que je l'ai vu à l'époque en crypté avec mon reup. Quand j'ai pu bien le voir, c'était seulement quinze ans plus tard et sur YouTube.

Pire souvenir en tant que supporter du PSG ? 
L'élimination par Watershei en quarts de finale de la coupe des coupes 1983, 3-0 en Belgique, après avoir gagné 2-0 au Parc. Inacceptable. Une blessure jamais vraiment guérie.

Vous partagez l'affiche avec Alka Balbir, la fille de Denis. Est-ce un hommage déguisé au commentateur ?
Pour jouer le rôle d'Alexandra, une étudiante victime d'un bug informatique qui lui fait perdre sa thèse, j'avais d'abord pensé à Denis Balbir, mon commentateur préféré. Parce qu'il n'était pas libre, j'ai du me rabattre sur sa fille, Alka, qui m'a donné pleine satisfaction. Il est peu dire que je l'ai échappé belle.

Dans votre film vous abordez le sujet des streakers, pourquoi cet hommage à ces gens qui bravent l'interdit en courant tout nu ?
Le streaking, même s'il a été observé au tennis ou au golf, fait partie intégrante de la culture footballistique. Le streaker (ou la streakeuse) est la figure même du marginal. Ayant fait voeu de pauvreté, il vient rappeler aux nantis du football le bonheur de ne rien posséder.

Pourquoi les meilleurs films sur le foot sont ceux où on voit le moins de scènes de jeu ?
Pour une raison simplement technique. Les meilleurs comédiens sont en général de piètres joueurs de football. L'inverse est vrai aussi.

Si vous deviez faire un film entièrement dédié au football, quel sujet souhaiteriez-vous aborder ? 
Plusieurs possibilités. Soit un film catastrophe en 3D sur le drame du Heysel. Soit un blockbuster hollywoodien sur la demi-finale France-RFA de Séville, avec Johnny Depp dans le rôle de Didier Six et Whoopi Goldberg dans celui de Schumacher. Soit enfin, un film intimiste sur Jérôme Rothen, truffé de faux-raccords. De toute façon, je suis un réalisateur moderne, je m'adapte à tous les styles de jeu.

Dernière question : pour ou contre le retour du but en or, histoire de mettre un peu plus de suspense ?
Pour. Et pour toujours plus de spectacle, j'irai même plus loin en instaurant la règle du but en titanium. L'auteur d'un but décisif au cours des prolongations provoque à la fois la fin du match et la fin du monde.

A voir : Pour ceux qui veulent voir Benoît Forgeard en vrai; rendez-vous vendredi 6, à Lille, pour une soirée Tatane, en ouverture de la biennale de l'Entorse. Sous le nom de Pascal d'Huez (voir sporterotism.blogspot.com ), il présente avec Fred Poulet la soirée d'inauguration. Featuring Vikash Dhorasoo, Sébastien Martel, Action Discrète...